Et que vive la Parole  - Jean 1, 1-18
 

L’heure est venue de ne plus chercher Dieu au ciel mais dans l’humain sur terre. Le v.14 appuie cette affirmation. En effet, nous lisons que la « Parole a fait sa demeure parmi nous ». L’Évangile de Jean use beaucoup de ce verbe « demeurer ». Pourtant le verbe grec utilisé ici n’est pas le même pour les autres séquences. Le verbe dans l’hébreu est usité pour désigner la demeure de Dieu auprès des Israélites, en d’autres termes il s’agit du tabernacle. Quand Dieu dresse sa tente au milieu de son peuple (c’est comme cela qu’il faudrait traduire d’ailleurs), c’est pour demeurer avec lui. Ce n’est pas une idée, un esprit, un concept ou une illusion qui se déplace jusqu’à nous, c’est Dieu en personne que l’Évangile de Jean personnifie avec ce qu’il y a de plus sacré chez lui, le tabernacle. Il y a des cathédrales et des basiliques dans chaque village dans ce monde et Dieu vient là où il souhaite s’établir. Il est venu avec toute sa sainteté et sa gloire, sans apparence, ni paillettes, pour aller naître dans le seul endroit où il y avait encore de la place pour lui, au fond d’une étable.
J’aimerais laisser à votre méditation cette parole d’un prêtre du nom de Jean Buyne, qui écrit dans « Autrement Dieu » publié en 2019, écrit ceci: « J’aime suivre le Christ sans croire aux anges qui chantent dans le ciel, aux bergers qui trouvent un nouveau-né dans une ville surpeuplée comme on trouve une aiguille dans une botte de foin, en un roi qui aurait fait toute confiance à quelques étrangers venus parler d’un prétendant qui serait né dans une bourgade voisine…mais je crois en la profonde promesse de l’homme de Nazareth. Sa vie me donne de croire dans la profonde humanité d’un Dieu qui est Source et Père. »
L’important finalement à Noël c’est bien l’annonce des promesses et leur accomplissement. Dieu vient chez nous et parmi nous, partager notre humanité, les peines et les joies, les forces et les faiblesses de chacun de nous.
Et à cause et pour cela, Jésus est celui qui me délivre et me fait vivre. Et pour finir en beauté avec des paroles de cantique (Paul Matthieu, 1866), voici ma prière et mon vœu : « Seigneur, viens habiter mon cœur, et fais-moi vivre aujourd’hui même dans l’amour et la paix. » Amen.

(Didier Meyer, pasteur)