L’or, la myrrhe et l’encens - Matthieu 2, 1-12

On connait souvent bien le récit de la visite des mages et les trois cadeaux qu’ils amènent. Par contre il nous manque souvent aujourd’hui les clés pour comprendre ce que ces cadeaux révèlent de la personne de Jésus – car Épiphanie veut dire révélation, manifestation. On a également perdu l’expérience sensorielle de ces parfums qui embaument les textes bibliques.

L’or représente un cadeau royal. Par ce présent les mages manifestent la royauté de l’enfant de Bethléem. Toutefois, comme le laissent présager l’étable pour palais et la mangeoire comme trône, cette royauté ne ressemble en rien à celle des tyrans de ce monde. Le royaume de Jésus est différent, il est le Roi des rois.

L’encens est un parfum qui représente la prière. Il est constitué de quatre aromates qui viennent des quatre points cardinaux, signifiant ainsi que la prière s’élève de toute la terre pour rendre gloire à Dieu. Parmi ces aromates, le galbanum a une mauvaise odeur lors qu’il est pris seul : il représente notre péché, et ce qu’il y a de plus sombre en nous. Mais cet aspect de notre existence a pleinement sa place dans notre prière. Mêlé au reste de notre prière, son odeur change en doux parfum.

L’encens est réservé à Dieu, et ne s’offrait qu’à Dieu. Les mages révèlent par ce cadeau la divinité de l’enfant qui vient de naître. Il manifeste la divinité du Christ, Dieu qui s’est fait homme.

La myrrhe est amère, amère comme la mort. On l’utilisait pour embaumer les corps. C’est cet aromate que les femmes apportent au tombeau au matin de Pâques. C’est aussi le parfum du sacrifice : Abraham avait amené Isaac sur le Mont Morriya – la montagne de la myrrhe – pour le sacrifice interrompu par Dieu. C’est sur ce même mont que plusieurs siècles plus tard sera construit le Temple de Jérusalem.

Cette myrrhe offerte par les mages annonce déjà en filigrane la croix et la mort de Jésus. Dès le début, l’Évangéliste annonce Vendredi Saint et le vin mêlé de myrrhe que les soldats donnent à Jésus, et Pâques avec la myrrhe que les femmes apportent au tombeau. Mais ce dernier flacon ne sera pas utilisé, car Jésus est ressuscité.     

(Ludovic Papaux, pasteur)