Quelle famille ?! - Marc 3, 31-35

Nous abordons en ce dimanche un sujet, faisant partie de notre quotidien. Nous vivons en famille, en premier cercle avec notre conjoint et nos enfants, et en cercle élargi avec nos parents et beaux-parents, frères et sœurs, beaux-frères et belles-sœurs. Certains pourraient y ajouter les tantes, les oncles, cousins et cousines. Nous vivons et nous cohabitons avec ces personnes plus ou moins bien : Malheureusement il y a des familles qui ne se voient plus parce que l’un ou l’autre a été blessé, vexé ou tout bonnement oublié.

C’est avec intérêt que j’ai visionné la saga de la famille « Corleone » dans le film du « Parrain » de F.Coppola. Un jeune sicilien arrive aux États-Unis d’Amérique dans les années 1920 comme émigré et il va se construire un empire économique. En créant sa famille, le « parrain » crée son clan, dont les membres seront fidèles, loyaux et solidaires entre eux. Le film montre la difficile et impossible intégration des futurs gendres et belles-filles dans cette famille particulière. Avec ce film, on peut se faire une bonne idée de la famille orientale à l’époque de Jésus. Depuis Abraham, les familles ressemblent à des clans, desquels il est bien difficile de se démarquer. Jésus l’apprend à ses dépens. La famille tente de remettre la main sur lui pensant qu’il a perdu la raison. Ce qui a pour conséquence pour Jésus de reconsidérer la conception de la famille.

Jésus sera à l’origine de ce que l’on pourra appeler la famille chrétienne. Il fait voler en éclats la conception de la famille traditionnelle, il en recrée une nouvelle : sa famille, dit-il, c’est quiconque fait la volonté de Dieu. A. Nouis dit dans son commentaire : « J’ai une famille de sang et une famille de foi ». Je dois ainsi aimer et respecter la première, mais ne pas me tromper de priorité. L’apôtre Paul poursuivra sur cette lancée, en disant que tout chrétien fait partie de la famille de Dieu, quelle que soit son origine raciale ou sociale. Quiconque confesse que Jésus est son Seigneur et son Sauveur est de fait membre de la famille de Dieu, voilà ce que Jésus et Paul affirment. Considérons-nous pour autant nos communautés chrétiennes comme des familles où chaque membre y a sa place ? Ouvrons-nous facilement nos bras aux migrants d’origine chrétienne ou aux résidents étrangers ? Mon vœu serait que les membres de chaque communauté puissent se soutenir les uns les autres et faire preuve de loyauté et de solidarité les uns avec les autres. Je souhaite que cela n’en reste pas à un simple vœu pieux. Amen.                                      
 

(Pasteur Didier Meyer)