« Va te mettre à la dernière place... » - Luc 14, 10

L’humilité n’est pas un thème qui a bonne presse aujourd’hui. Cela est dû au fait que par le passé, l’humilité a été alourdies de notions qui lui sont étrangères comme l’humiliation, la souffrance personnelle, le fait de se rabaisser et de rabaisser les autres. L’Eglise y est pour beaucoup !

Fort heureusement ces notions ont été évacuées, mais on a jeté le bébé avec l’eau du bain et l’humilité s’en est allée. La logique qui prévaut aujourd’hui dans le monde c’est la puissance, la force, la richesse, la gloire personnelle, le pouvoir… le tout mû par l’orgueil et le mépris des plus petits.

Pourtant l’humilité est le centre de notre condition humaine, c’est ainsi que Dieu nous a créés : humbles. D’ailleurs le terme humilité vient du latin humus qui veut dire la terre. Nous avons été formés par Dieu avec de la terre, nous étions à l’origine pétris d’humilité. Mais cela a rapidement mal tourné lorsque la tentation d’avoir la première place s’est emparée de l’humanité. « Mangez de ce fruit et vous serez comme des dieux » (Genèse 3,5). Prendre la place de Dieu ! Et voilà que l’humilité a été balayée par l’orgueil. Le mal est entré dans le monde.

Mais l’humilité est revenue. Elle a un visage, elle s’est incarnée : Jésus Christ, le plus humble que la terre ait porté. Il a pris la toute dernière place : sur la croix. Et il nous fait une promesse : dans le Royaume de Dieu nous serons assis à ses côtés autour de la table du festin.

Jésus enseigne, dans cette vie, à ne pas chercher à arracher les meilleures places en étant prêts à écraser les autres pour y arriver. Il nous invite à occuper les dernières places et à attendre que le maître nous honore en nous faisant asseoir ailleurs. La vocation chrétienne, c’est d’occuper les dernières places parce que c’est là que nous sommes en contact avec les plus petits, avec les laissés-pour-compte, avec ceux qui n’ont pas de place dans la société.

Que le Seigneur nous donne cette vraie humilité que Jésus a enseigné.

Qu’il nous enseigne à nous valoriser les uns les autres sans pour autant accepter la médiocrité ou fermer les yeux sur le mal. Qu’il nous enseigne à nous élever les uns les autres, sans tolérer qu’on nous marche dessus. Qu’il nous enseigne à rester parmi les plus petits sans craindre de perdre notre place.

Que Dieu nous donne la foi en celui qui par humilité est allé jusqu’à la croix.

Que Dieu nous donne l’espérance qu’un jour il n’y aura plus ni invités d’honneurs ni invités de seconde zone et que nous recevions la force de promouvoir cela dès aujourd’hui.

Que Dieu nous donne enfin l’amour pour les plus petits auprès desquels Dieu nous appelle à nous tenir.

(Ludovic Papaux, pasteur)