Elie sous le genêt  - 1 Rois 19, 1-13

Après sa victoire contre les prophètes du dieu Baal, Elie traverse une période de dépression. La reine Jézabel a mis sa tête à prix. Elie n’en peut plus et se couche sous un genêt en demandant la mort.

Jézabel le poursuit et veut le tuer : De manière symbolique, Jézabel c’est ce qui tue les porteurs de la Parole de Dieu, c’est tout ce qui, en nous, cherche à étouffer la Parole de Dieu, cherche à nous détourner de la Bible, cherche à faire mourir les promesses que Dieu dépose en nos cœurs. Il y a beaucoup de « Jézabel » à l’intérieur de nos vies qui entravent l’action de Dieu et qui cherchent à faire mourir notre vie spirituelle.

Mais Dieu ne le permet pas, il ne nous abandonne pas, comme il ne laisse pas Elie, son prophète, dans son état de dépression spirituelle. Dieu envoie un ange pour fortifier son serviteur. L’ange réveille Elie qui, épuisé, s’est endormi. J’imagine un geste tendre, avec beaucoup de douceur, comme lorsqu’on cherche à réveiller quelqu’un sans le faire sursauter. Il y a toute la tendresse de Dieu pour Elie dans ce geste.

Puis l’ange donne un remède à Elie… une galette et de l’eau. Ce remède est d’une simplicité déconcertante. Quelques jours auparavant Elie a vu le feu de Dieu descendre sur terre avec une puissance phénoménale. Mais là Dieu montre un autre visage : la simplicité d’une galette et d’un pot d’eau.

« Lève-toi, mange ! » (1 R 19,5), cette nourriture fait revenir Elie dans le monde des vivants. Un repas simple, mais qui a une réelle efficacité. La simplicité du repas que Dieu donne à Elie me fait penser à un autre repas : la Sainte-Cène. Je crois que nous avons tout à gagner de réintégrer dans notre théologie réformée, la dimension thérapeutique de la Sainte-Cène. Vivre la Sainte Cène pas seulement comme le souvenir du dernier repas de Jésus, mais comme un sacrement qui fait ce qu’il dit : qui nous met en communion avec le Christ qui est « pain venu du ciel » (Jn 6,33), « pain de vie » (Jn 6,35), qui nous fait triompher de la mort. La Sainte Cène réactive en nous la vie même de Jésus qui nous imprègne, nous inonde, nous ressuscite.

 (Ludovic Papaux, pasteur)