« Jésus au ciel pour nous » - Hébreux 9, 24-28

Les croyants de tous les temps ont toujours voulu limiter Dieu à un endroit, comme s’ils pouvaient mieux en disposer. Le livre des Rois confine Dieu à un coffre, réduit aux tables de la loi. Et même là, Dieu exprime sa gloire et sa grandeur, en remplissant le sanctuaire d’un écran de brouillard qui fait que personne ne peut rester plus longtemps, même pas les grands-prêtres, en ce lieu. La lettre aux Hébreux nous parle de l’entrée de Jésus non dans un sanctuaire conçu de main humaine mais dans l’infini du ciel, proche du Père pour plaider notre cause auprès de lui.

Dernièrement, nous avons remis sur nos plans de culte la célébration du Jeudi de l’Ascension, qui est la fête religieuse la plus chômée en Europe. Mais tellement bien chômée, que nos contemporains se réjouissent du week-end prolongé et ne se soucient guère de la signification de cette fête. 

Annoncée par Jésus comme un événement à venir, les disciples ne se rendent pas vraiment compte de l’Ascension jusqu’au moment où Jésus disparaît devant leurs yeux. Si les Évangiles annoncent cet événement, ils ne s’étendent pas sur ce qui s’est passé. Les Actes et les lettres de Paul par contre se montrent très bavards sur l’Ascension. Jésus rejoint son Père, pour prendre place à sa droite et pour intercéder en notre faveur, comme insiste lourdement la lettre aux Hébreux.  

Que retenir de cet événement ? Jésus par son ascension, nous ouvre les portes de l’infini espace, il relie le ciel et la terre, en réduisant les distances de ce Dieu apparemment si loin dans le ciel. Avec Jésus, Dieu devient proche. Jésus le promet à Thomas (Jean 14), il part auprès du Père pour y préparer les demeures des disciples et des nôtres. Jésus monte aux cieux et il reçoit tout pouvoir sur terre comme au ciel (Matthieu 28,18). Il pénètre dans le lieu très saint de l’intimité du Père, comme le décrit le texte du jour. Il y sera notre avocat (Hébreux 4,14-16), notre intercesseur (Hébreux 9,24) et nous réserve une place à ses côtés (Jean 14,2). Jésus qui monte au ciel, ne s’éloigne pas de nous, il nous rapproche de Dieu et nous envoie dès la semaine prochaine, à Pentecôte, son Esprit Saint. Jésus est celui qui comble nos distances avec Dieu et nous permet d’être proche de Dieu. Il nous l’a promis : le Seigneur est avec nous jusqu’à la fin du monde dans le ciel comme sur la terre.
 

(Pasteur Didier Meyer)