La colère : cette racine de destruction –
Matthieu 5, 17-26 / Genèse 4, 1-10

On trouve dans l’Évangile des enseignements de Jésus exigeants et impitoyables qui pointe et dénonce nos comportements humains. Il est bon de méditer ces versets même s’ils dérangent et bousculent.

« Moi, je vous dis : tout homme qui se met en colère contre son frère
devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. » Jésus ne donne pas ici juste une règle plus sévère que ne le faisait la loi, mais il pointe la racine de toute violence : la colère, qui elle-même pousse généralement sur le terreau d’une blessure. De puis il élargit la notion de meurtre : il y a différentes manières de tuer quelqu’un et la violence verbale peut aussi tuer. C’est la colère qui fait naître le dénigrement, la haine, les insultes, les violences... et poussée à l’extrême le meurtre. Avant d’en arriver à un tel extrême il y a néanmoins un processus durant lequel il est encore possible de sortir de cette dynamique destructrice. Voici ce processus : c’est d’abord une pensée qui se présente, et qui, si on ne la chasse pas, s’installe en nous. Une fois installée elle se déploie, et fait naître l’exaspération, qui devient énervement, qui devient colère…qui devient insulte… et finalement meurtre. Le récit de Caïn et Abel est là pour nous rappeler que le problème de la colère, de la haine et du meurtre est présent depuis toujours dans l’humanité. La colère de Caïn d’aveugle et le coupe dans sa relation à Dieu. Il devient finalement sourd aux mises en garde de Dieu et commet l’acte ultime : il tue son frère. On a tendance souvent à voir en l’autre la source et la raison de notre colère alors qu’en vérité l’origine est en nous que la source de nos colères et de nos violences est en nous. Laissons Dieu venir guérir nos blessures, et la source de la colère se tarira d’elle-même. Faisons, confiance à Dieu, ouvrons-lui nos cœurs blessés pour qu’il y déverse sa paix et sa douceur. Que Dieu nous délivre de nos colères et vienne guérir nos blessures. Amen !   

(Ludovic Papaux, pasteur)