Une autre attitude est possible - Matthieu 5, 38-48            

La grande réflexion de la semaine était de savoir par quel bout prendre ce texte. Nous sommes en accord avec les paroles de Jésus. Sommes-nous néanmoins capables de faire preuve du même amour que Jésus a donné non seulement à ses disciples mais à toutes sortes d’autres personnes rencontrées au gré de ses déplacements. Pour comprendre le sermon sur la montagne, il faut le lire avec cette clé : Jésus aime le prochain quel qu’il soit, et cet amour s’accompagne de gestes concrets. 

Aujourd’hui il s’agit de l’amour de ses ennemis et du refus de l’adversité. Chaque phrase est importante et mériterait à elle seule chaque fois un développement particulier. 

Chacun d’entre nous a un ennemi. Dans notre entourage, dans les groupes que nous fréquentons, il y a toujours parmi eux, quelqu’un pour qui vous suscitez de l’animosité. Vous ne savez pas pourquoi. Dans l’autre sens cela fonctionne aussi. Nous aimons fréquenter des personnes, d’autres un peu moins alors qu’elles ne nous ont rien fait à part que nous les avons jugées d’après leur réputation et les on-dit. Certes, nous ne nous voyons pas garder les moutons avec tout le monde ou passer nos vacances. Mais le soleil se lève sur tout le monde à la fois sur les bons comme sur les méchants (v.45). Là il ne s’agit que de relations simples. Les choses se compliquent dans l’acceptation de l’autre dès lors que l’un ou l’autre ait été l’auteur de souffrances et de violences à votre égard. Il y a 75 ans, la 2èmeguerre mondiale prenait fin avec la découverte macabre des camps de concentration. Pour les survivants, plusieurs attitudes étaient possibles : la vengeance, l’oubli ou le pardon. Certains ont choisi, malgré les souffrances endurées, d’accorder leur pardon. Ce n’était pas la voie la plus facile mais ils l’ont fait aussi pour se libérer du poids du silence et de la souffrance. Mais on peut comprendre aisément les autres attitudes. 

Jésus invite ses auditeurs à aimer son prochain au-delà de ses actes et de ses faiblesses, et à se souvenir que nous-mêmes sommes fragiles et imparfaits. Son amour, sa bienveillance et sa miséricorde sont offerts à quiconque met sa confiance en lui, faisant taire en moi mes propres critères de jugement à l’égard de mon prochain. Amen. 

(Pasteur Didier Meyer)