Célébration du dimanche des Rameaux - 5 avril 2020
« Hosanna au Fils de David »  - Matthieu 21, 1-9

 

Prière d’ouverture 
Seigneur, nous voici réunis devant toi en ce dimanche. Loin de ton temple et de ton sanctuaire, mais si proches dans nos cœurs et nos esprits. Au cœur de nos vies tourmentées, tu nous donnes ce temps de culte comme une accalmie nécessaire. Tu nous permets de prendre du recul. Viens inscrire ta présence comme une éclaircie dans notre journée, comme une éclaircie au milieu de nos enfermements. Tu nous offres une fois de plus ta parole. Oui, Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Seigneur, nous voici. Amen. 

Textes du jour : 
Psaume 24 – Esaïe 50, 4-7 – Philippiens 2, 6-11 – Matthieu 21,1-9

Méditation
L’acclamation de la foule rejoint notre prière aujourd’hui : « Seigneur, aide-nous ; Seigneur, sauve-nous ! »  Nous fêtons les Rameaux en 2020 sans foule en liesse. Nous devrons donc nous contenter de cette prière pleine d’espérance. Oui Seigneur, nous mettons tous nos espoirs en toi ! Comme la foule, nous risquons de tourner notre veste, oubliant nos supplications et nos intentions dès que la crise sera dernière nous. N’importe ! La foule, l’opinion publique change d’avis très vite. Aujourd’hui par Matthieu nous prenons acte de l’adhésion de la foule dont bénéficie Jésus, qui l’acclame comme son Roi et comme son Sauveur. 

La thématique royale est bien présente dans l’Évangile. Dès la généalogie, on apprend que Jésus est un descendant du « roi David » (Matthieu 1). Les mages d’Orient honorent le « roi des Juifs » (Matthieu 2). Et c’est ce même titre que l’on retrouve au début et pendant la passion (Matthieu 27)…Les paraboles parleront du règne (Matthieu 18 par ex.). Et nous voilà à Matthieu 21. Ce texte est lu deux fois dans l’année de l’Église, le 1er dimanche de l’Avent et le 1er jour de la Semaine Sainte. Il indique que l’on entre dans un temps nouveau. Un temps d’attente et de méditation qui s’ouvre par le cri. « Hosanna ! », ce qui veut dire : « viens à l’aide, donne le salut » ou encore « donne la victoire » (Psaume 118). On pourrait être déçu deux fois : le roi qui est supposé aider, est incarné par un bébé et dans le deuxième cas, c’est un roi crucifié ! 

Jésus a choisi un autre chemin, bien différent de nos représentations. Il descend de son piédestal, entre dans la ville de Jérusalem monté sur un âne vêtu d’habits de tous les jours. Il se met à la portée de tous. Il n’est pas une idole à vénérer, une star à glorifier, un dirigeant à aduler. Il est Jésus, fils de Dieu, incarné dans notre humanité pour la servir. Il ne dit rien lors de son passage, ses actes parlent d’eux-mêmes et de lui-même. 

Pourrons-nous aujourd’hui joindre nos voix à celle de la foule ? Pourrons-nous avec la foule élever nos voix en cris et hurlements, pour dire : « Seigneur , aide-nous ! ». En cette période d’incertitude concernant la suite des événements, en cette période d’interrogation sur l’avenir de nos jeunes, sur la tenue des examens ou non, en cette période de réflexion sur l’avenir de l’économie, il nous faut nous tourner vers celui qui porte toutes nos espérances même si cela doit passer par la croix. Ce temps de confinement peut servir à nous poser les vraies questions sur ce que nous croyons aujourd’hui et ce que le mot espérance veut dire pour nous. La foule qui acclame Jésus, certes à la joie, qui est-elle ? Quelle est son espérance ? Certains d’entre elle avaient entendu ou peut-être vécu un miracle, suivi un sermon de Jésus et se sont dit, le voilà maintenant à Jérusalem. Certains ont espéré un changement, une alternance politique, d’être enfin libérés de l’emprise romaine. Certains ont espéré des réformes en profondeur, touchés par le message de Jésus d’un retour vers des pratiques religieuses plus simples et plus sincères. Jésus ne répond pas à toutes les attentes mais il ouvre des chemins d’espérances : rien n’est jamais perdu pour celui, pour celle qui a Jésus pour Seigneur.

Moi, je ne peux que vous faire partager cette formidable expérience, quotidienne où mon espérance a un nom et un sens : Jésus le Christ. C’est lui qui me sauve quand je suis au plus bas, c’est lui qui me devance afin que je ne trébuche ou que je ne heurte une pierre. C’est lui qui prend soin de moi sans que je l’aie mérité, sans avoir à prouver et à montrer ce dont je suis capable. C’est lui qui me guérit de toutes mes peines et qui est la source de toute joie. Et j’en ai l’assurance, qu’il sera ma victoire le jour de ma mort et ma vie le jour de la Résurrection en arrachant mon pied de la tombe (Psaume 103). Ce temps de confinement me permet de faire mémoire de toutes les fois où le cri « Hosanna » n’est pas resté une simple parole mais est devenue réalité dans ma vie. Prenons le temps d’un face à face avec le Seigneur pour faire la lumière dans nos cœurs et unir nos voix à celles de la foule : « Hosanna, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ». Amen. 

(Didier Meyer)

 

Extrait de la prédication prononcée le Jeudi Saint 1995 par le Père Christian de Chergé, prieur de Tibhirine, un avant sa mort en 1996 : 

« Il m’a aimé jusqu’à l’extrême, l’extrême de moi, l’extrême de lui. Il m’a aimé à sa façon, gracieusement, gratuitement…comme je ne sais pas aimer : cette simplicité, cet oubli de soi, ce service humble et non gratifiant. Il a aimé les siens jusqu’à l’extrême, ils sont tous à lui, chacun comme unique, une multitude d’uniques. Il a tant aimé les hommes qu’il leur a donné son Unique : et le Verbe s’est fait frère. Amen. »

 

Prière d’intercession 
Seigneur Dieu, nous te bénissons encore, en acclamant celui que tu nous as envoyé, le Roi de gloire et d’humilité, Jésus le Christ. Parmi tant de paroles de mort, il a semé la parole de vie. Dans le silence de sa Passion, il a scellé ta promesse. Trahi, moqué, supplicié, il s’offrira pour nous. 

Ainsi nous pouvons te présenter ces milliers de personnes qui souffrent à la fois : 

  • de la maladie ; nous pensons à tous ceux et celles qui sont infectés par le coronavirus
  • de la mort d’un de leurs proches et ne peuvent pas l’enterrer en paix
  • de la solitude du confinement car ils sont coupés de ceux et celles qu’ils aiment
  • de la fatigue ; nous pensons à tous ceux et celles qui œuvrent pour le bien des malades et des solitaires, le personnel soignant, la protection civile, tous ceux et celles qui aident et accompagnent des hommes et des femmes en détresse

Nous te confions ceux et celles qui sont en train de perdre le fruit de leur travail et de leurs investissements en temps et en argent. Donne-leur de ne pas perdre tout espoir. Puissent-ils découvrir d’autres choses qui sont essentielles dans leur vie. 

Nous te confions les ressortissants des pays pauvres et démunis devant la maladie et la pandémie. Seigneur, encore une chose qui s’ajoute à leurs difficultés. Donne-leur de trouver ce qu’il faut pour résister au mieux.  

Écoute nos prières, lorsque nous te disons, unis les uns aux autres … Notre Père.... 

Bénédiction
Jésus, fils de David, tu es venu jusqu’à nous et nous savons le prix que tu as payé pour nous sauver. Fais de nous des témoins de ton amour. Que notre foi et notre confiance toujours nouvelles, trouvent en toi leur appui. Conduis-nous tous ensemble vers le Père, toi qui désires que nous vivions chaque jour en lui et pour lui. 

Que le Seigneur nous bénisse et nous garde, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.