Luc 24, 13-32 : Jésus fait route avec nous

 

Introduction

Le Christ, mis à mort, est ressuscité. Proclamons avec foi et enthousiasme cette grande nouvelle. Jésus est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! 

Garde-moi, ô Dieu ! Car je cherche en toi mon refuge. Je dis à l’Éternel : tu es mon Seigneur, tu es mon souverain bien. Je bénis l’Éternel mon conseiller ; la nuit même mon cœur m’exhorte. J’ai constamment l’Éternel sous mes yeux, quand il est à ma droite, je ne chancelle pas. Aussi mon cœur est dans la joie, mon esprit dans l’allégresse et mon corps repose en sécurité. Car tu ne livreras pas mon âme au séjour des morts, tu ne permettras pas que ton bien-aimé voie la corruption. Tu me feras connaître le sentier de la vie ; il y a d’abondantes joies devant ta face, des délices éternelles à ta droite.  Psaume 16/1-2.7-11

 

Prière d’ouverture 

Dieu notre Père, nous avons souvent du mal à discerner les signes de ta présence au cœur du monde. Aujourd’hui encore et maintenant où nous réunissons autour de toi et en communion les uns avec les autres, reste avec nous. Lorsque l’avenir nous semble bouché, tu viens nous ouvrir un chemin d’espérance. Ouvre nos cœurs à ta Parole, fais-nous découvrir que ton fils Jésus marche avec nous sur toutes les routes de notre vie, lui qui est vivant avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen. 

 

Textes du jour : 
Psaume 16 – Actes 2, 22b-33 – 1 Pierre 1, 17-21 – Luc 24, 13-32

Méditation

Un chemin que l’on aborde seul peut s’avérer être long. A deux, les kilomètres s’alignent plus facilement. Les disciples, deux d’après l’Évangile de ce jour, sont en chemin. Ils « digèrent » les événements qui viennent de se passer à Jérusalem. Les voilà jetés sur un chemin, livrés à eux-mêmes, après des semaines de grande intensité. Même s’ils ne font partie que du deuxième cercle des disciples, ils ont été aux avant-postes du ministère de Jésus. En tout cas, ils ont vécu de près les derniers événements survenus à Jérusalem. A deux et pourtant ils sont deux, ils expérimentent une profonde solitude. Le jour décline et on sent une certaine oppression les envahir. Pour eux, c’est « le jour le plus long ». 

Au verset 17, on apprend qu’ils sont tristes. La déception se lit quelques lignes plus loin aux versets 19 à 24 où ils font le rapport à la troisième personne venue les rejoindre. Tout à coup, ils étaient trois et Jésus n’a pas besoin d’insister pour les faire parler. Une question suffit : mais que s’est-il passé à Jérusalem ? (v.19). Jésus entend le rapport des événements qu’il a lui-même vécu par la version des disciples. 

D’après leur témoignage, il semblerait qu’ils n’attendaient pas la résurrection de leur Seigneur de cette façon : la déclaration des anges aux femmes venues au tombeau et l’absence du corps. Un constat corroboré par d’autres disciples. Mais rien d’une joie éclatante, juste le constat d’une absence de corps. Au v.21, nous pouvons avoir la raison de leur déception. Ils attendaient la délivrance d’Israël, une révolution politique peut-être et la libération de l’oppression romaine. C’est le moment choisi pour Jésus pour leur donner un enseignement au sujet de sa Résurrection. La gloire, la libération du peuple passe par la souffrance d’un seul et celui pose son Royaume non par la force de son bras mais par la puissance de sa parole. Pour croire, il faut être convaincu et non essayer de faire passer ces propres illusions ou rêves. Lorsque Jésus reste pour le repas du soir et qu’il rompt le pain, ils finissent par le reconnaître.  

Nous découvrons dans cet épisode, que Jésus est venu rejoindre les disciples là où ils se trouvaient, en proie à l’incertitude, au doute. Ainsi pour nous aussi, nos défaillances ne sont ni anormales, ni scandaleuses : les disciples d’Emmaüs vont apprendre à croire autrement. Puisque les faiblesses ont été tolérées auprès des premiers disciples, nous avons la certitude que nos faiblesses ne sont pas honteuses, mais qu’elles sont acceptées par le Christ pour que nous puissions construire notre foi. 

Dans de nombreux extraits de la Bible, il nous est raconté que Dieu était bien là auprès d’hommes et de femmes, mais ces derniers ont été aveuglés et ne l’ont pas vu. Jacob, par exemple, constate, anxieux, que Dieu était là mais il ne le savait pas (Genèse 28.16). Dieu est en effet toujours à nos côtés ; dans les moments de détresse , quand nous sommes aveuglés par nos souffrances, il est là. Il m’arrive de marcher seul parce qu’on ne trouve pas toujours des personnes qui font la route avec vous. Personnellement, je ne me sens jamais seul ; Dieu marche à mes côtés, il est avec moi. Jésus était insaisissable pour les disciples d’Emmaüs certes ; il était leur compagnon de route, comme il est le nôtre. Il nous invite à nous souvenir de trois piliers qui édifient notre foi : l’Écriture, que Jésus leur fait comprendre, qu’il nous fait comprendre, le partage du pain symbole de l’amour qui nous unit à lui et lui à nous, et la communauté, que les disciples retrouvent à la fin du récit comme s’ils rentraient à la maison (Luc 24.44). 

Jésus est notre compagnon de route, attentif à la vie de tout homme et à la mienne. Amen. 

(Didier Meyer)

 

C’est la fatigue, Seigneur et c’est le doute qui, en nous, creusent leur tombeau : notre foi s’éloigne de la passion de l’Évangile. Notre amour se vide dans la routine des gestes répétés, notre espérance est au bord du désarroi et notre désir se perd dans les objets à consommer. Reste avec nous, Seigneur ! 

Fais-toi reconnaître, Seigneur ! Comment aurions-nous le courage de croire en l’avenir s’il nous manque les signes de ta présence accompagnant nos fragilités sur les chaotiques chemins de notre existence ? 

Reste avec nous, Seigneur ! Quand dans notre vie le jour baisse et que rien n’est brûlant en notre cœur, reste avec nous et fais toi reconnaître, Seigneur ! 
(Charles Singer, in : L’Image de notre paroisse, Avril 1996) 

Prière d’intercession 

Reste avec nous Seigneur, sur nos chemins. Fais route avec nous sur chacun de nos pas. Ouvre nos sourdes oreilles, laisse-nous voir avec nos yeux aveuglés, donne à nos cœurs découragés de la volonté et ne nous laisse pas sombrer dans la peur.

Donne-nous ton Esprit Saint, l’esprit d’amour, afin que nous nous luttions non les uns contre les autres, mais les uns avec les autres. Que ton Esprit fasse de nous une communauté, pour que nous puissions dire ce qui nous rend forts dans notre foi. Laisse-toi trouver dans les repas communautaires, réuni dans un même pain.

Que nous puissions te reconnaître dans la fraction du pain, que nous te reconnaissions comme notre seul Seigneur, le seul qui nous accompagne avec amour sur nos chemins et qui nous envoie sur les chemins du monde comme tes messagers et tes témoins. 

Seigneur fais route avec ceux qui souffrent des suites du virus, de la maladie et de la solitude, de la perte d’un être cher. 

Écoute nos prières, lorsque nous te disons, unis les uns aux autres … 

Notre Père.... 

Bénédiction

Seigneur Jésus, nous avons écouté ta Parole et notre cœur s’est fait brûlant en nous. Nous faisons nôtre la demande des deux disciples d’Emmaüs : reste avec nous ! Quand le soir semble tomber sur nos vies, viens nous illuminer de ta présence et nous irons annoncer la Bonne Nouvelle de ton amour, toi le Vivant pour les siècles des siècles. 

Que le Seigneur nous bénisse et nous garde, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.