Jean 10, 1-10 : Jésus pour seul berger
Culte du 3 mai 2020

Nous sommes aujourd’hui le 3 mai 2020. Jour pour jour, le 3 mai 1981, votre serviteur a été confirmé dans les vœux de son baptême, lors de ce dimanche que l’on appelle le dimanche du bon berger. Que reste-t-il de cette confirmation ? Il reste la conviction que Jésus m’a conduit au seuil de portes qu’il m’a non seulement aidé à ouvrir mais aussi assuré sa présence en passant ces portes. Je mettrai une troisième image dans ce texte. Après celles du berger et de la porte, celle de la vie faite de différentes portes par lesquelles on accède dans des pièces comme le travail, la construction d’un foyer et son bonheur particulier. Jésus a été et est pour moi la porte d’accès ; les portes ouvertes, c’est celles qu’il a ouvertes, les portes fermées, c’est celles qui sont restées closes parce que cela ne m’engageait pas sur un chemin de vie et de bonheur. Nous savons par expérience, qu’il y a des portes qui s’ouvrent et qui se ferment, selon l’appréciation de notre Seigneur pour engager ou non un chemin. 

La semaine dernière, nous partagions le chemin des disciples d’Emmaüs avec la conclusion que même s’ils avaient l’impression d’être seuls, en fait ils ne l’étaient pas. Aujourd’hui nous partageons la conviction que quel que soit le chemin sur lequel nous sommes engagés, Jésus nous guide et nous mène à bon port, vers la maison du Père, qui est symbolisé dans notre texte par l’enclos. 

Je relis volontiers le psaume 23. Force est de constater que cette prière est reprise lors de célébrations de service funèbre pour signifier cette constatation et cette conviction : le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien, je n’ai manqué de rien. 

Le prophète Ézéchiel comme Jérémie nous rappellent que la vie, le destin des brebis dépend de la qualité des bergers. Ils mettent en cause ceux qui ne poursuivraient que leurs propres intérêts au détriment des brebis (Ézéchiel 34.1-6 ;Jérémie 23.1-4). Nous pouvons faire un parallèle avec les bergers d’aujourd’hui, ceux qui ont sur leurs épaules la responsabilité d’un pays, d’une région, d’une ville ou d’un village dans les domaines économiques, sociaux et sanitaires. Nos bergers sont particulièrement sollicités en cette période de crise sanitaire, et la grande question est : comment faire pour contenter tout le monde. Ce n’est pas un troupeau d’une trentaine d’individus dont il s’agit, ce qui est loin d’être déjà une évidence ; cela se chiffre à des millions de personnes à contenter. Donc, mission impossible même si nos dirigeants- bergers font le maximum. Jésus quand il parle de bandits et de voleurs, s’adresse à l’élite religieuse en premier lieu. Car les Pharisiens et leurs associés ont une responsabilité religieuse à l’égard du peuple. Le respect de la loi confine les brebis dans un enclos et les va-et-vient sont impossibles. Jésus est la nouvelle porte de l’enclos Au verset 9, il est dit que chacun peut entrer et sortir pour trouver un pâturage. Et ainsi l’importance n’est pas donnée à la préservation de l’enclos, mais l’importance est donnée à la qualité du berger. Personnifié en Jésus, le berger est bon, miséricordieux et bienveillant à l’égard de ses brebis, qui le connaissent comme lui les connaît. Il promet même de donner sa vie pour elles (ce qu’il fera) et chercher même une seule qui s’est perdue. 

Ayant pris connaissance de ces textes, arrive l’heure du choix. Qui est le berger de ma vie, celui qui est ma référence morale, le sujet de tout mon agir et le sens de ma vie ? Qu’est ce qui se trouve dans ma foi comme vérité et conviction ? En répondant à ces questions, je peux donner à ma vie une direction et une orientation tout en me retournant vers l’essentiel. Choisir les mauvais bergers a pour conséquence de se laisser entraîner et disperser tout en s’exposant à de multiples dangers. Avoir Jésus pour berger, c’est savoir que là où il m’emmène je n’ai rien à craindre car il est avec moi. Amen.                                               (Didier Meyer)  

 

Textes du jour : Psaume 23 – Ézéchiel 34, 1.3-16.31 – 1 Pierre 2, 21b-25 – Jean 10, 1-10

 

Jésus est la porte par laquelle je peux entrer et sortir, en quête d’une bonne pâture. Ici, apparaît une autre dimension de cette image : la porte ne nous donne pas seulement accès à notre intériorité, mais aussi à l’extérieur , au monde. Entrer et sortir, introversion et extraversion, ce couple est indissociable ; ne reste vivant que celui qui, par Jésus, est capable des deux mouvements.              (Anselm Grün, in : Jésus. La Porte vers la vie, 2004, p.101) 

 

Impulsions liturgiques

Introduction

Le Christ, mis à mort, est ressuscité. Proclamons avec foi et enthousiasme cette grande nouvelle. Jésus est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! 

Si nous portons le nom de « chrétiens », c’est bien parce que nous nous reconnaissons disciples du Christ ressuscité. Nous croyons que sa Parole nous fait vivre et nous voulons conformer nos actes à l’Évangile. Tant de sollicitations nous sont adressées qu’il n’est pas toujours facile de reconnaître la voix de Jésus, le berger qui nous conduit, et de tourner vers lui notre cœur. 

Dieu le berger par excellence mène l’auteur du Psaume 23 vers des prés verdoyants et des eaux apaisantes et en fait un invité comblé à sa table. Jésus revendique à son tour le titre de berger d’un vaste troupeau à qui, par sa mort et sa résurrection, il veut procurer « la vie en abondance. » 

 

Prière d’ouverture 

Dieu fidèle, depuis toujours c’est toi qui conduis ton peuple vers les sources de la vie. Tu nous as envoyé ton Fils, Jésus. Il est ta Parole vivante. Donne-nous d’entendre sa voix lorsqu’il nous appelle par notre nom. Il a offert sa vie pour nous, et il nous fait entrer à sa suite dans le Royaume où tu nous attends, toi le Dieu vivant pour les siècles des siècles. Amen. 

Les versets du jour 

  • Le Seigneur est mon berger : (…) il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin. (Psaume 23)
                                                                                                                             
  • Pierre écrit : « Vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes. » (1 Pierre 2.25)                                                                                            
     
  • « Amen, Amen, je vous le dis. Moi, je suis la porte des brebis. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé (…), je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »  (Jean 10.7+10)

 

La citation du jour 

« Le bon berger n’est pas un gardien rémunéré avec pour objectif de rendre en bon état la marchandise ; il a une relation personnelle avec chaque brebis. Il les connaît, elles le connaissent. Il y a entre elles et lui la même relation qu’entre lui et son Père.»       

                                     (Bernadette Escaffre, professeur de NT à l’Institut Catholique de Toulouse in : Cahiers Évangile n°145, p.49)

Prière d’intercession 

Devant toi, Seigneur, nous te disons notre reconnaissance pour cette vie que tu nous offres en abondance. Comme pour toutes choses offertes, donne-nous la grâce de pouvoir en profiter pleinement et abondamment. 

Seigneur, tu es bon et miséricordieux envers nous comme un berger envers ses brebis. Nous te remercions de pouvoir nous en rendre compte. 

Nous te confions tous ceux qui ont des responsabilités dans la société et en particulier au long de cette crise sanitaire que nous vivons. Sois avec ceux qui nous gouvernent et qui prennent des décisions. Nous savons que cette tâche n’est pas facile encore moins en situation de crise. Nous te demandons de leur donner la force, le courage d’’accomplir le mandat qui leur est confié en ayant le souci du bien et du bonheur d’autrui. 

Nous te confions tous ceux qui ont une fonction d’accompagnement et en particulier les aumôniers. Donne- leur du cœur et dispose-les à l’écoute. Encourage leur travail et leur mission. 

Nous te prions pour ceux qui sont malades, ceux qui sont seuls. Donne-nous quand nous le savons et le pouvons, la force et la volonté de les visiter.

Nous te confions ceux qui passent par le deuil et qui ne savent plus où ils en sont. Sois avec eux dans ces moments difficiles. 

Écoute nos prières, lorsque nous te disons, unis les uns aux autres … 

Notre Père.... 

 

Bénédiction

Seigneur Jésus, toi le vrai berger, la porte des brebis, nous avons écouté ta Parole, et nous te rendons grâce. Donne-nous de répondre à ton appel en nous mettant au service de nos frères et de ton Église, pour que ton Nom soit connu de tous ceux qui te cherchent, toi le Vivant qui nous sauve pour les siècles des siècles. 

Que le Seigneur nous bénisse et nous garde. Amen.