Entrez dans la danse !
5e dimanche de Pâques - 10 mai 2020

Introduction 

Béni soit notre Dieu, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen !

Le 5e du temps de Pâques porte traditionnellement le nom de « Dimanche Cantate », ce qui veut dire « Chantez ». L’Église célèbre Dieu par ses chants… ce qui est peut-être plus difficile seul chez soi qu’avec toute la communauté actuellement.

Chantons ce Dieu qui tout en même temps nous accueille et veut être accueilli. Nous l’invitons, et il nous précède déjà.

C’est ce double mouvement qui toujours est au cœur du culte. Dieu nous accueille en lui et il veut être accueilli en nous. C’est une danse entre Dieu et nous, où chacun laisse de l’espace à l’autre, où chacun invite l’autre. Musique et danse sont là pour nous en ce dimanche. Entrons dans la danse !

Psaume 98

Chantez au Seigneur un chant nouveau
car il a fait des merveilles !

         La délivrance nous a été donnée par sa main, 
         son amour nous a sauvés.

Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez.

         Jouez pour le Seigneur sur la cithare,
         et sur tous les instruments.

Au son de la trompette et du cor,
acclamez votre roi, le Seigneur !

         Que grondent la mer et ses richesses,
         le monde et tous ses habitants !

Que les fleuves battent des mains,
que les montagnes chantent leur joie.

         Le Seigneur vient pour gouverner
         le monde avec justice.

Rendons gloire au Père Tout-Puissant, à son Fils Jésus-Christ le Seigneur, à l’Esprit qui habite en nos cœurs. Pour les siècles des siècles, Amen.

Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles. Alléluia !

 

Prière de repentance

« Chantez au Seigneur un chant nouveau, 
car il a fait des merveilles ! »

Pourtant dans la vie, nous n’avons pas toujours à cœur de chanter, 
et nous nous demandons :  où sont-elles, les merveilles de Dieu ?

En silence, présentons à Dieu notre vie.
Ouvrons-nous à son souffle. 
Qu’il nous inspire la mélodie du chant nouveau 
et nous ouvre à ses merveilles !

 

Annonce du pardon
La plus grande de ses merveilles est la résurrection de son Fils.

Alors chantons au Seigneur qui fait toutes choses nouvelles car Dieu nous pardonne et nous relève. Amen.

 

Évangile selon Jean 14, 6-12

Jésus dit : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »  Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père »

 

Méditation

Pour que la musique soit harmonieuse, les musiciens qui jouent ensemble s’écoutent, se font de l’espace, adaptent leur façon de jouer.

La musique, ainsi faite de silences et de notes, permet aux instruments de se rejoindre et de conjuguer leurs sons pour donner une mélodie sans confusion ni séparation entre les voix mélodiques.

Il en va de même dans la danse : chaque danseur doit laisser de l’espace à son partenaire, veiller à la distance, et en même temps rester unis dans un mouvement conjoint.

Les Pères de l’Eglise ont utilisé cette image de la danse pour décrire (bien que toute tentative humaine de description soit toujours imparfaite et limitée) ce qui se passe au sein de la Trinité. Ils ont utilisé un terme emprunté à la danse pour décrire la relation entre les trois personnes de la Trinité : « périchorèse ». Le mouvement entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit ressemble à une danse. Le Père s’efface devant le Fils et l’Esprit. Le Fils s’efface devant le Père et l’Esprit. Et l’Esprit Saint s’efface devant le Père et le Fils. 
Ainsi chacun met l’autre en valeur, honore l’autre, glorifie l’autre.

Gardons cette image en tête en relisant ce passage de Jean 14 : « Le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. […] Je suis dans le Père, et le Père est en moi. » C’est un mouvement de danse qui se vit entre le Père et le Fils, une danse amoureuse et belle, au vent de l’Esprit Saint qui les fait tournoyer.

Distance et proximité, séparation et union : c’est aussi un genre de danse à laquelle nous nous nous livrons depuis bientôt 2 mois.  Deux mètres à garder alors qu’on aimerait se serrer dans les bras, des vitres et des masques là où on aimerait se donner une poignée de main ou s’embrasser. Et pourtant malgré cette distance choisie ou subie, la communion demeure. Elle demeure au travers de toutes les petites attentions que l’on se témoigne les uns aux autres : un coup téléphone, une carte, un service, un partage, une prière, …

Elle demeure entre nous et peut-être même qu’elle est, par certains aspects, renforcée : on prend des nouvelles de personnes qu’auparavant on se contentait de saluer, on se propose des services alors qu’auparavant on attendait qu’on nous en demande, on se réjouit du jour où on pourra se revoir alors qu’auparavant c’était habituel, normal, routinier…

La communion se vit aussi avec Dieu : car en réalité la Trinité ne danse pas seule, elle nous invite à la rejoindre dans ce mouvement d’amour, dans cette danse divine.

« Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. » (Jean 17, 21-23)

Nous voici plongés au cœur de la danse, et cela peut donner le tournis : Dieu en nous, nous en Dieu.

Et pourtant il y a là un sommet de la vie spirituelle, car c’est bien cela qui se joue quand on parle de communion avec Dieu. Il fait sa demeure en nous et nous invite en même temps à nous placer en sa présence. Cela se retrouve dans ce que nous vivons au début du culte : nous invitons Dieu dans la célébration alors même qu’il nous précède déjà et que lui nous invite le premier.

Communion aussi dans la Sainte-Cène où Dieu se fait présent et où nous nous rendons également présents à Dieu.

Alors même en ce temps de confinement où c’est plutôt la distance et l’éloignement qui est recommandé, je vous invite à un pas de danse avec Dieu. C’est garanti sans virus ! 

Dansons, adaptons nos rythmes, nos pas, et vivons pleinement de cet amour du Père, du Fils et du Saint Esprit qui nous entoure et nous entraine.

La vie spirituelle n’est jamais statique, elle est toujours en mouvement. Amen. 

(Ludovic Papaux)

 

Entre dans la danse. Entre dans la nuit.
Avance ton pas pour ce qui vient.
Tu me trouveras là où brille ta misère, où se cachent tes pleurs.
C’est là que je me tiens. C’est là que je te tiens.
Quand l’étouffement domine, tu sentiras passer la brise, tu verras fissurer les angoisses.
Je suis cet air-là, le Souffle qui passe au travers des ombres.
Entre dans la danse. Entre dans la nuit.
Viens poser ce que tu es. Viens puiser ce que je suis.
Quand l’artifice est abandonné, quand l’humilité dépose l’orgueil,
Sois en sûr-e, Dieu est passé.

(Isabelle Gerber)

 


Prière d’intercession + Notre Père

Seigneur, en ce jour où l’Église nous invite  à te chanter de manière nouvelle, que nos voix se joignent à celles des anges.

Nous te rendons grâce pour celles et ceux qui, dans le silence de leur maison et malgré ce temps de confinement, te chantent, te prient, et d’adorent.

Nous te rendons grâce pour les compositeurs et les poètes, les musiciens et les chanteurs qui offrent leurs talents pour faire monter vers toi notre prière quand les mots nous manquent, ou quand ils ont besoin d’être partagés et portés.

Nous te rendons grâce pour celles et ceux qui, malgré les épreuves de la vie, n’ont pas perdu leur voix et continue de dénoncer les injustices, de soutenir les plus fragiles, et de proclamer l’espérance au quotidien. 

Dans le silence, confions à Dieu ce qui nous tient particulièrement à cœur….

Seigneur, que notre louange porte celles et ceux qui ne peuvent chanter ta gloire et que ton souffle nous ouvre le ciel dès ici-bas.

Et tous ensemble nous prions ou chantons la prière des enfants de Dieu : Notre Père…

 

Envoi et Bénédiction

Notre Dieu, notre Père, tes œuvres te bénissent et les cieux chantent ta gloire. Donne-nous d’unir nos voix à l’assemblée de ceux qui te louent. Que notre vie soit un chant qui te rende grâce. Amen.

Que le Père, le Fils, et le Saint-Esprit, Un seul Dieu, nous bénisse et nous garde. Amen !