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Célébration de la Fête de l’Ascension
Jeudi 21 mai 2020

 

 

 

 

Ouverture

La grâce et la paix nous sont données de la part de Dieu notre Père, et de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Amen !

Le Seigneur est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

 

Louange avec le psaume 47

 

 

 

Alléluia, à celui qui siège sur le trône, gloire et puissance pour les siècles des siècles. Alléluia !  (Apocalypse 5,13)

Tous les peuples, battez des mains.
Acclamez Dieu par vos cris de joie !
Le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable.
Il est le grand roi de toute la terre.
Dieu monte au milieu des ovations.
Le Seigneur s’avance au son du cor.
Chantez pour notre Dieu, chantez !
Chantez pour notre roi, chantez ! 
Le roi de toute la terre, c’est Dieu !
Que vos musiques l’annoncent !
Dieu règne sur les nations ; 
il est assis sur son trône sacré.
Les chefs des peuples se sont rassemblés : 
ils se sont joints au peuple du Dieu d’Abraham.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen !

Alléluia, à celui qui siège sur le trône, gloire et puissance pour les siècles des siècles. Alléluia !

 

Prière de repentance

Dieu Tout-Puissant, par l’Ascension de ton Fils, tu attires à toi l’humanité tout entière. Créateur de vie, nous te prions : Seigneur, prends pitié !

Seigneur Jésus, tu es assis à la droite du Père et tu intercèdes pour nous. Sauveur des hommes, nous te prions : Christ, prends pitié !

Esprit saint, tu es envoyé par le Père et tu viens habiter en nos cœurs. Source d’amour, nous te prions : Seigneur, prends pitié !

 

Proclamation du pardon

Dieu nous pardonne !  
Avec son Fils il partage sa gloire, et avec nous sa tendresse infinie.  Celui qui met sa confiance en Dieu et trouve sa joie en Jésus Christ est sauvé. Amen !

 

Actes des Apôtres  1, 1-2 et 6-11

Cher Théophile, dans mon premier livre j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis. […]
Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? »
Jésus leur dit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Evangile selon Luc 24, 46-53

Jésus leur dit: « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis.  Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut. » Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit. Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

 

Méditation

 « Pourquoi restez-vous là à scruter le ciel ? »

C’est la question que les anges adressent aux apôtres stupéfaits au moment de l’Ascension.  Ce n’est pas la première fois que deux hommes en vêtements blancs apparaissent aux disciples un peu perdus. On se retrouve là un peu dans la même situation qu’au matin de Pâques. A ces deux moments, deux hommes en blancs interpellent les disciples, les deux fois pour leur indiquer qu’ils ne cherchent pas au bon endroit. « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? » (Pâques) – « Pourquoi restez-vous là à scruter le ciel ? » (Ascension). Dans les deux cas les disciples sont invités à changer de regard, à affiner leur connaissance de Jésus, à faire un pas de plus dans la compréhension du mystère.

Les deux fois l’invitation des messagers en blancs à chercher ailleurs est assortie d’une promesse. Au matin de Pâques : Jésus vous attend en Galilée. Au moment de l’Ascension : Jésus reviendra. L’Ascension s’inscrit pleinement dans la suite du matin de Pâques, qui se poursuit encore avec le don de l’Esprit Saint à Pentecôte comme Jésus l’avait promis.

Arrêtons-nous encore un instant sur cette interpellation : « Pourquoi restez-vous là à scruter le ciel ? »

Les messagers invitent les apôtres à se concentrer non sur le ciel mais sur la terre, car c’est là le lieu de leur mission. « Ce n’est pas en regardant le ciel qu’on devient témoin de l’Evangile », écrit le pasteur Antoine Nouis. En effet les disciples sont appelés, lorsqu’ils auront été revêtus de la force de l’Esprit Saint, à ne pas chercher ou attendre le Royaume béatement, mais à le vivre et à le proclamer. Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel est une prière qui nous engage dans la réalité de notre monde, elle nous met au travail.

Faut-il y voir une disqualification de la contemplation ? N’y a-t-il que l’action qui ait de la valeur ? Je crois que ce serait déformer l’intention du texte biblique. D’ailleurs l’Evangile de Luc (qui ne formait à l’origine qu’un seul ouvrage avec celui des Actes) relate qu’après l’Ascension les apôtres « étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu ». L’action ne supprime pas la contemplation.

En fait je crois que les récits de l’Ascension nous mettent en gardent contre deux écueils. Le premier serait de n’être que dans l’action, au risque de tomber dans l’activisme. L’action sans la contemplation perd son sens, son ancrage, sa vocation même, elle s’épuise au final.

Le second c’est de n’être que dans la contemplation sans action. La contemplation devient alors passivité et risque la stérilité.

Les moines même les plus contemplatifs savent bien que la contemplation sans travail conduit à la perte d’intérêt, à la lassitude, ou même à la folie.

Parmi les premiers moines ermites du désert d’Égypte Saint Antoine et l’un des plus grands. Pourtant il a expérimenté les limites de la contemplation sans action : « Abba Antoine, assis un jour au désert, se trouva pris d’acédie et dans une grande obscurité de pensées. Il dit : « Seigneur, je veux être sauvé mais les pensées ne me laissent pas ; que ferai-je dans mon affliction ? Comment serai-je sauvé ? » Peu après, s’étant levé pour sortir, Antoine voit quelqu’un comme lui assis et travaillant, puis se levant de son travail et priant, assis de nouveau et tressant une corde, puis se relevant encore pour la prière. C’était un ange du Seigneur envoyé pour le diriger et le rassurer. Et il entendit l’ange lui dire : « Fais ainsi et tu es sauvé. » Ayant entendu cela, Antoine eut beaucoup de joie et de courage. Et faisant ainsi, il fut sauvé. »

La prière et contemplation ont besoin de l’action et du travail. L’action et le travail ont besoin de la prière et de la contemplation. C’est pour cela que la Règle de Saint Benoît pour ses moines peut se résumer par : Ora et Labora – Prie et travaille. C’est l’équilibre nécessaire à toute vie spirituelle.

L’Eglise, à mon sens encourt les mêmes risques et peut se nourrir des mêmes conseils : nous avons besoin des deux choses, à la fois d’action et de contemplation, de travail et de prière, de méditation biblique et de mise en pratique de ce que nous avons médité.

Je dirai que de nos jours, ce qui menace d’avantage l’Eglise c’est plutôt l’activisme, mais le risque de rester les yeux fixés sur le ciel en oubliant la réalité de la terre n’est jamais loin non plus. C’est dans le monde que nous sommes envoyés. Car pour en revenir à l’Ascension, elle contient pour nous un envoi : nous sommes appelés à être les témoins du Royaume de Dieu ici et maintenant. Pour cela nous devons agir, mais nous ne devons pas le faire par nos seules forces : « c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. » (Ac 1,5)

Puisons à la source, en contemplant le Christ victorieux qui siège à la droite de Dieu et qui règne avec le Père et l’Esprit Saint, maintenant et pour l’éternité. Amen.

*acédie = état de lassitude, dépression spirituelle.

 

Prière d’intercession 

Jésus Christ, tu es monté au ciel, et tu sièges à la droite du Père.
Vers toi nous élevons notre prière :

  • Pour les contemplatifs, témoins de l’invisible dans un monde anxieux d’efficacité immédiate,
    pour les hommes d’action dont l’engagement stimule notre responsabilité à l’égard du monde,
    Seigneur, nous te prions.

     
  • Pour les poètes et les artistes dont le rêve ouvre des brèches dans les murs qui ferment nos horizons, pour les économistes dont la rigueur nous ramène à la dure réalité des situations,
    Seigneur, nous te prions.

     
  • Pour ceux qui croient à un monde meilleur, qui dénoncent la médiocrité et les absurdités,

pour les techniciens qui cherchent à faire reculer les limites du possible,
Seigneur, nous te prions.

  • Pour ceux que les échecs et les déceptions risquent de mener au désespoir ou au fatalisme,
    pour ceux qui, grisés par le succès, deviennent durs envers les autres,
    Seigneur, nous te prions.

     
  • Pour ceux qui entreprennent et pour ceux qui abandonnent leur projet, pour les nostalgiques du passé et pour les impatients de l’avenir,
    Seigneur, nous te prions.

    Accorde-nous d’attendre dans la joie ton retour en gloire, et dans cette attente de ne pas nous décourager. Unis-nous dans la prière :


Notre Père…

Prière finale

Dieu vivant, tu as élevé ton Fils Jésus Christ au-dessus de tout. 
Il nous a précédés dans la gloire auprès de toi. 
Confiants en son intercession, nous te prions : éveille-nous à la joie et à l’action de grâce.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur, qui vit et qui règne avec toi, Père, et le Saint-Esprit, un seul Dieu pour les siècles des siècles.

 

Bénédiction

Que le Seigneur te bénisse et te garde. 
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage et t’accorde sa grâce.
Que le Seigneur tourne vers toi son visage et te donne la paix.

Amen !