Un habit digne de haut rang - Exode 28,4

Les enfants sont toujours impressionnés par l’uniforme. Je pensais que porter un uniforme, conférait à la personne un statut particulier et qu’il lui fallait cet uniforme pour exercer son métier. L’uniforme était pour moi le « petit plus », même que je croyais qu’il pouvait donner des pouvoirs. 

Même si ce n’était que des imaginations d’enfant, il est sûr que pour certaines personnes porter un uniforme donne une certaine légitimité et reconnaissance. On sait qui vous êtes. Par le port d’un vêtement, nous savons très vitre reconnaître un policier d’un religieux par exemple. Les artisans et les ouvriers porteront des vêtements qui leur permettent de travailler plus aisément. Dans certains pays du monde, les élèves portent des uniformes qui nous indiquent tout de suite quelle école ils fréquentent. L’uniforme a ceci de particulier pour les élèves : tous portent la même chose et sont égaux devant l’enseignement. 

Tous ne sont pas égaux au temple. Le grand-prêtre est celui qui est « mis à part » et cette distinction se caractérise par sa tenue particulière. S’il n’est probablement pas très pratique, ce vêtement est conçu pour transmettre toute une série de messages. Voilà toute la pertinence de ce texte qui à la première lecture fait probablement réfléchir sur sa justification dans le canon biblique. 

Le grand-prêtre était au service du peuple et de Dieu dans le temple. Il est chargé ainsi de porter le peuple sur ses épaules (symbole des pierres-épaulettes) et dans son cœur (le pectoral avec les pierres précieuses). Il demande le pardon de Dieu pour tous, tout en étant au même rang de pécheur. Cette cérémonie s’accompagne par le sacrifice d’un animal. Il s’agit à la fois de plaire à Dieu par le don d’un animal et en même temps le sacrifice permet de payer pour les fautes. Le grand prêtre était consulté à titre de conseil et de juge. Le grand prêtre Caïphe joue un rôle déterminant dans le procès de Jésus prononçant la sentence. Mais à l’origine le grand prêtre n’était pas là pour s’arroger un pouvoir politique, il était chargé de la médiation entre Dieu et les hommes. 

La lettre aux Hébreux donne le titre de souverain sacrificateur à Jésus : ce dernier est à la fois le prêtre et la victime sur la croix. Il est celui qui a non seulement porté des hommes et des femmes, mais il sera celui qui porte le pardon des péchés en restaurant et réconciliant le monde avec Dieu. Sa mort n’est pas la conséquence du péché, mais celle de la haine. Au milieu de l’adversité et de la souffrance, Jésus n’a opposé que l’amour de Dieu pour les hommes. Si les hommes font le prêtre, Jésus est le prêtre par excellence. Et si nous exerçons un ministère, Jésus lui a incarné en chair et en os. Lui qui n’a jamais péché, viens réparer nos propres fautes et nous ramener au Père.                                                    

 (Pasteur Didier Meyer)

Lectures du jour : Exode 28, 1-5 – Hébreux 4, 14-16- Hébreux 5, 1-9-  (Marc 14, 53-65)