Quand Dieu se met à la couture

Dieu prend un visage très maternel dans les textes de ce matin ; non pas que la couture soit aujourd’hui une activité exclusivement féminine, mais pour l’époque c’était le cas. Dieu coût et habille Adam et Ève chassés du jardin d’Éden. Par ce geste il leur dit qu’ils restent enfants de Dieu malgré leur faute et la mesure légitime qui les sanctionne. En leur confectionnant ces habits et en les en revêtant c’est comme si Dieu disait : « Vous devez partir, mais moi je viens avec vous. » Il y a un autre texte ou Dieu habille son enfant : c’est la parole du fils prodigue où le père dans un geste de tendresse infinie couvre son enfant de la plus belle robe. Nous découvrons dans ces deux textes un Père à la tendresse toute maternelle. 

C’est ce que Rembrandt a su magnifiquement représenter sur sa peinture du fils prodigue ou le père a une main d’homme et une main de femme.

 

Cela doit nous interroger sur l’image que nous avons de Dieu – image très souvent influencée par celle que nous avons de nos parents – car l’image de Dieu détermine notre relation à lui suivant qu’on le considère dur, sévère, méchant, ou alors carrément absent ou à l’opposé tellement mou et doucereux qu’il en devient sans personnalité. Tout cela ce sont des caricatures qui faussent notre relation au Vrai Dieu. C’est en Jésus-Christ qu’on trouve la seule image véritable de Dieu, car en Jésus c’est Dieu lui-même qui se révèle à nous. Dans le Christ, Dieu nous dit qui il est en vérité. Alors pour balayer les caricatures et fausses images de Dieu, regardons à Jésus-Christ qui nous dit : « Qui m’a vu, a vu le Père. » (Jean 14,9). C’est en lui seulement que nous pourrons nous débarrasser des caricatures.

(Ludovic Papaux, pasteur)