L’urgence de l’appel
Dimanche 7 février 2020


 

Aussitôt…. Ce petit mot revient de manière récurrente dans les premiers paragraphes de l’Évangile de Marc. Il y a une urgence dans l’annonce de l’Évangile qui fait que Marc nous décrit un Jésus pressé, qui n’a pas de temps à perdre. Cette urgence de l’appel a de quoi déstabiliser ceux auxquels il s’adresse, mais aussi leur entourage.

Le texte de ce jour nous parle de la belle-mère de Pierre qui était clouée au lit par la fièvre. Il y a bien sûr des raisons physiques à la fièvre, mais pas seulement. Se faire de souci aussi donne ce genre de fièvre imperceptible au thermomètre mais qui donne les mêmes effets : tournis, maux de tête, etc. La belle-mère de Pierre avait-elle des raisons d’avoir des soucis ou de la colère ? Certainement ! Il y a d’abord ce Jésus, cet agitateur qui est dans la région. Il fait scandale, tout le monde ne parle que de lui suit à l’épisode de la synagogue : « Tous furent frappés de stupeur, et se demandaient entre eux : qu’est-ce que cela veut dire ? » (Mc 1,27). Il y a ensuite son gendre qui a quitté son métier (moyen de subsistance pour la famille) afin de partir à la suite de Jésus.

Lorsque Jésus appelle quelqu’un, cet appel est le plus souvent incompréhensible pour les autres, et en particulier pour les proches. C’est souvent incompréhensible parce que l’appel du Christ est toujours un peu une folie aux yeux des autres. Avez-vous déjà passé pour un fou ou une folle aux yeux d’autres gens à cause de votre foi ? Vous as-t-on déjà regardé de travers parce que vous parlez de Dieu, vous témoignez du Christ, vous êtes chrétien et croyant ? Alors bonne nouvelle : vous avez expérimenté la réalité de tout disciple de Jésus. Cela fait partie de l’appel à sa suite. Courage si on te regarde de travers à cause de ta foi, si tu es incompris parmi tes amis, tes collègues, et même au sein de ta famille. Ne crains pas…. c’est normal. L’appel de Dieu est incompréhensible pour les autres. Ce n’est qu’une fois mise, elle-même en présence de l’autorité divine de Jésus que la belle-mère peut comprendre cet appel. Elle-même est saisie, guérie, relevée, et elle se met immédiatement à servir Jésus. C’est quand on est soi-même saisi par l’appel du Christ, qu’on peut alors comprendre l’appel des autres aussi.

Et nous, sommes-nous saisis par l’urgence de l’Évangile ? Est-ce que cet appel du Christ à le suivre nous a aussi saisi, au risque de nous faire passer pour des fous aux yeux de notre propre famille. Il y a urgence, il n’y a pas de temps à perdre. Le monde a besoin de nous et de notre témoignage maintenant ! Le monde a besoin que nous soyons porteurs de l’espérance de l’Évangile maintenant ! Le monde a besoin que nous brillions de la lumière du Christ dans les ténèbres ambiantes maintenant ! Vas-tu laisser tes filets pour le suivre dans cet inconnu qu’il ouvre devant toi, au risque de choquer tout le monde et même de secouer tes proches ? Vas-tu le laisser saisir ta main et te débarrasser de la fièvre qui te cloue au lit ? Vas-tu te mettre aussitôt à le servir ? C’est maintenant ! C’est aussitôt sorti de ce temple que cela commence. Jésus se tient sur le rivage de ta vie et il t’appelle ! Et il te dit : « suis-moi ! ». Il entre dans ta maison, te saisit par la main et te donne de ressusciter. (Ludovic Papaux)

Textes du jour : Jérémie 29, 11-14  /  1 Corinthiens 9  / Marc 1, 16-33


 

Les versets de la semaine

« Car je connais les projets que j'ai formés sur vous, dit l'Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l'espérance.» (Jérémie 29, 11)

« Si j’annonce l’Évangile, ce n’est pas pour moi un sujet de gloire, car la nécessité m’en est imposée, et malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ! .»  (1 Corinthiens 9, 16)

 

La citation de la semaine

« Vous savez bien combien est longue une convalescence, même quand la fièvre a disparu. Ici, convalescence et maladie disparaissent à la fois. A la parole du Christ, tout s’opère en un instant. « Elle se leva et les servit », dit l’Évangéliste qui indique en deux mots la vertu et l’efficacité du commandement du Christ, et la reconnaissance de la femme guérie.» 
(Jean Chrysostome, 344-†407)

 

La prière de la semaine

« Seigneur, je veux te remettre tout ce qui m’encombre et m’empêche de te suivre. Tu m’appelles à devenir un artisan de ton Royaume et je suis préoccupé par mes fausses richesses. Tu m’appelles à me mettre à ta suite et je suis retenu par mes peurs et mes habitudes. Tu m’appelles à oser la vie de l’Évangile et je m’enferme dans mes ténèbres et dans mes morts. Seigneur, pardonne-moi et donne-moi ta liberté, ton courage et ta joie, pour que j’apprenne, encore et toujours à devenir ton disciple qui marche à ta suite.»  (Anonyme)