Le doute nécessaire 

Référencé sept fois dans l’Évangile de Jean, Thomas traîne avec lui la réputation de celui qui a douté. Il a déclaré solennellement qu’il ne croirait pas tant qu’il ne verrait pas la trace des clous dans les mains de Jésus (Jean 20.25). Je trouve ce procès fait à Thomas injuste. Car, on ne peut pas dire à la lecture des Évangiles racontant la Résurrection de Jésus que les disciples aient débordé de joie et d’enthousiasme. La perplexité et la surprise étaient de mise. Ils sont encore bouleversés car celui qui était mort, est vraiment ressuscité ; ce n’est plus un bavardage de femmes, c’est la réalité ! Les paroles de Jésus n’étaient pas des paroles prononcées en l’air. 

Voilà donc le moment où Jésus rencontre les disciples. Il reviendra une seconde fois pour Thomas pour lancer cette parole d’Évangile : Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu, (Jean 20.29). La particularité de la Bible est de nous présenter des hommes et des femmes qui nous ressemblent. Qui n’est jamais passé des moments de doute ? Personnellement, je peux affirmer que oui, voyez-vous ces moments où Dieu nous paraît tellement loin. Mais comme Thomas, j’ai pu revenir en affirmant : mon Seigneur et mon Dieu. Passer par le doute et l’incertitude, construit et affermit notre foi, une foi qui sera plus grande, plus intense, plus forte. Au XIXème siècle, les textes des prédications comme les cantiques d’ailleurs tournaient autour de la question de la croissance de la foi. Comment en effet faire grandir ma foi ? Jeune, je pensais qu’avoir la foi, était un acquis comme un vaccin. Je n’ai compris que plus tard, que la foi se devait être nourrie et entretenue. Le jour où elle avait vacillé, où le doute et l’incertitude avaient fait leur entrée, ce fut une épreuve. Il faut avoir une grande foi pour pouvoir résister aux épreuves et aux circonstances de la vie. Mais le doute laisse en vie la possibilité de croire ; l’incroyance et l’incrédulité ferment toute porte. Il faut bien le dire : croire à la résurrection exige un pas de plus. On peut croire sans problème à un Jésus qui a vécu et fait beaucoup de choses incroyables, qui ont fini par user la patience des autorités politiques et religieuses. Mais croire que celui qui était mort et enterré, puisse revenir du séjour des morts et ressuscité, est une toute autre histoire. Nos contemporains ont du mal, que dire des gens de l’époque. 

Que Dieu nous donne la force et la joie de poursuivre notre chemin, pour grandir et vivre en lui et avec lui.   (Pasteur Didier Meyer)

 

Lectures du jour : Actes 4.32-35 – 1 Jean 5. 1-6 --  Jean 20.19-29