Bénichon - Bénédiction
Dimanche 17 octobre


 

La bénichon est devenue une fête d’action de grâce qui prend place à l’automne.

Au moment où les troupeaux sont de retour en place, que les récoltes ont donné leurs fruits, et la vigne sont trésor. A ce moment-là on peut se réjouir.

Se réjouir est une bonne chose. Mais avec quelle disposition d’esprit le faisons-nous ? Car devant les biens matériels, les ressources de ce monde, et même les produits de la terre, il y a deux grandes attitudes. La première consister à vouloir posséder, profiter. On cherche à se réjouir par le fait même de posséder des choses le plus possible. Cela peut déboucher sur une vraie soif de consommation qui a des conséquences dramatiques tant pour notre être intérieur que pour le monde extérieur. Pour notre être intérieur cela crée toute une série de maladies spirituelles que les Pères de l’Église ont décrit et défini ainsi :

La gourmandise : ici ce n’est pas d’aimer les bonnes choses et d’être un bon vivant. Non dans leur langage il s’agit la consommation excessive, l’abus, qui finalement n’est rien d’autre que la tentative de combler un vide intérieur par une consommation excessive de nourriture.

L’avarice : qui consiste à avoir peur de perdre ses biens, à avoir peur de les dépenser ou de les partager par peur que ceux-ci ne diminuent. 

La course à l’enrichissement toujours plus grand est aussi une maladie spirituelle. Ces maladies peuvent aussi générer des maladies psychologiques : comme l’angoisse fasse à la perte, l’anxiété. Ou même des maladies physiques…. toutes celles qui découlent de l’excès d’alimentation, et maladie aussi pour le climat à cause de la surconsommation.

Il y a néanmoins une manière saine et nous réjouir des bonnes choses et des bons produits de la terre. Il s’agit d’une disposition intérieure qui ne les consomme pas en les accaparant, mais en rendant grâce. Quand on est vraiment reconnaissant pour ce qu’on a. Alors on n’a pas le même rapport aux choses matérielles. On ne les considère plus comme des dû, des propriétés, des possessions. Mais comme des cadeaux. Des cadeaux précieux. La crise écologique n’est pas d’abord une question d’économie. C’est d’abord une question spirituelle. La surconsommation, l’usage dévastateur pour la création des ressources, la pollution… Tout cela à un fondement spirituel. Cela intervient quand on cesse de considérer les choses de la terre comme des créatures, mais comme des produits.

Nous devons retrouver un rapport eucharistique aux biens de ce monde : eucharistique dans son sens étymologique : qui veut dire rendre grâce.

Rendons grâce à Dieu pour tout ce qu’il nous donne, pour tous ses bienfaits.

Textes du jour : Dt 8, 7-18 / 2 Cor 9, 6-15 / Mc 8, 1-9