30 mars
Qui sait comment se nomme l’épouse de Pilate? En une phrase, par un message adressé à son mari Pilate, elle intervient dans l’histoire en nous renvoyant la question de la neutralité. Peut-on en effet rester neutre ? Au fait, l’épouse de Pilate se nomme Claudia Procula et son appartenance à la cour romaine a permis à Pilate de gravir les échelons pour se retrouver procureur de la Judée.
Claudia fait passer un message à son mari : « N’aie rien à faire avec ce juste car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert dans un rêve à cause de lui » (Matthieu 27.19). Est-ce qu’elle a pris conscience que procès allait passer son mari de l’anonymat à la postérité, et faire de lui le responsable de la mort de Jésus pour des siècles et des siècles ? Elle ne dit pas à son mari de ne pas le crucifier et elle ne dit pas non plus : libère Jésus. Mais son message met le doute dans les certitudes de Pilate. Finalement Pilate décide de se désolidariser de l’option de la crucifixion en se lavant les mains et voulant faire retomber la responsabilité de la mort de Jésus sur le peuple.
Souvent j’entends : je ne me prononce pas, je suis neutre. Je ne crois pas que cela nous libère de toute responsabilité. En disant cela, nous émettons quand même un avis même s’« il ne nous mouille pas ! ». Ainsi le rêve et le geste symbolique nous renvoient à nos attitudes et engagements : Jusqu’où je suis prêt à m’engager pour ma foi, et mes convictions ? Suis-je prêt à dépasser le confort de ma pensée ? Jésus a fait vaciller Pilate qui s’en lave les mains, Pierre qui ne connaît pas cet homme et Claudia qui sent que quelque chose se passe sans s’engager concrètement. Ce qui est sûr et fort heureusement, Jésus pardonne nos lâchetés ! (Didier Meyer)
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A méditer :
Quiconque se met à genoux devant Dieu est un homme debout devant les hommes
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Seigneur, pardonne-moi les fois où j’ai manqué de courage pour m’engager et prendre position là où il aurait fallu le faire. Prends pitié de moi. Amen.