Le récit de la Passion dans l’Évangile selon Jean se distingue des autres Évangiles. Ici, Jésus n’apparaît pas comme une victime passive : il ne crie pas son abandon, ne subit pas la souffrance, mais assume volontairement sa mort avec dignité et maîtrise. Il porte lui-même sa croix et agit en pleine conscience, comme accomplissant la volonté de Dieu.

Jean insiste sur certains détails symboliques, comme la tunique de Jésus non déchirée, qui peut représenter l’unité des croyants, malgré les divisions autour de sa personne. Cette idée est renforcée par les paroles de Jésus appelant à l’amour mutuel et à l’unité.

L’Évangile souligne aussi que tout se déroule selon un plan divin : Jésus dit « tout est accompli », montrant que sa mission est menée à son terme dans l’obéissance et l’amour. Cette vision devait rassurer les premières communautés chrétiennes, confrontées à la persécution et à l’insécurité, en affirmant que Dieu reste maître de la situation.

Enfin, la croix n’est pas présentée comme un échec, mais comme une révélation de la gloire de Dieu. Jésus promet la continuité de sa présence à travers l’Esprit, le Consolateur. Pour nous aujourd’hui, cela peut aussi nous aider à trouver le Christ dans l’expérience de cet esprit « qui se tient avec nous». Et aussi dans cette certitude que rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu si nous, à notre tour, nous nous aimons les uns les autres. Au pied de la croix ce matin, c’est une immense confiance que l’Evangile de Jean nous offre devant cette déferlante de folies meurtrières dans notre monde et aux difficultés existentielles de beaucoup de nos contemporains. Je trouve que cela est bon à prendre.

Lectures bibliques : Evangile selon Jean chapitres 18 et 19