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Les citations du dimanche 15 février 2026

Qu’il me couvre de ses baisers !

Car tes caresses, tes étreintes, sont meilleures que le vin

et meilleures que la senteur de tes parfums.

Ton nom, ta personne est un parfum raffiné qui se répand,

c’est pourquoi les jeunes filles t’aiment.

Attire-moi à toi, entraîne-moi après toi,

Et nous courrons.

Cantique des cantiques 1, 2-4a

J’entends la voix de mon bien-aimé, le voici : il vient,

Sautant par-dessus les monts, bondissant par-dessus les collines.

Mon bien-aimé s’adresse à moi et me dit :

Lève-toi, mon amie, ma belle,

va, de toi-même, pour toi-même et vers toi-même !

Car voici, l’hiver est passé,

la pluie a cessé, elle s’en est allée.

Les fleurs paraissent sur la terre,

le temps de chanter est arrivé,

et l’on entend sur notre terre,

la voix de la tourterelle.

(…)

Mon bien aimé est à moi, et moi je suis à lui.

Cantique des cantiques 2, 8-12.16

 

 

« Heureux qui entre dans le Lieu Saint, mais bien plus heureux celui qui entre dans le Saint des Saint […] Heureux de même celui qui comprend les cantiques de la Bible, mais plus heureux encore celui qui chante le Cantique des Cantiques. »

Origène, père de l’Eglise, 2e-3e siècle après J-C.

Prédication du dimanche 15 février 2026

Le Cantique des Cantiques fait 7 pages à peine dans la Bible. Il ressemble à une pièce de théâtre où différents personnages se répondent. Daté du 3e siècle av. J-C., il tire probablement son origine de chants mis en scène lors de mariages.

Le cantique des cantiques a été perçu comme décrivant aussi la relation du croyant avec Dieu, très proche en cela de la tradition souffie dans l’islam. Mais cette lecture n’efface pas la première, évidente ou littérale, d’une relation entre un homme et une femme.

 

J’entends la voix de mon bien-aimé. Le voici, il vient (2,8)

Le bien-aimé est toujours ‘celui qui vient’. De la même manière, « le Nouveau Testament ne dit jamais « il viendra » ou « il reviendra », mais il vient. Il est déjà là, à nos côtés, présence invisible mais divinement active, qui se manifestera dans toute sa puissance à l’accomplissement des temps. »

Mon bien-aimé s’adresse à moi et me dit : Lève-toi, mon amie, ma belle, va, de toi-même, pour toi-même et vers toi-même

C’est une traduction inhabituelle, elle joue avec un jeu de mots en hébreu et la profondeur de l’interprétation spirituelle : La première chose que dit le Bien-aimé est « lève-toi !» – Qoumi, C’est le même ordre que Jésus adressera à la jeune fille mourante ou endormie « ressuscite !»

Va « vers toi-même ». C’est la même injonction qui est donnée à Abram (…) : « Va vers toi-même, loin de ta terre, de ta patrie, de la maison de ton père, vers la terre que je te montrerai (Gn12,1). Vers une nouvelle vie, un nouveau moi. La bien-aimée est invitée à une même mutation : décider librement d’aller vers sa propre terre, c’est-à-dire sa vraie personne. (…) C’est de son plein gré, avec la force qui est en elle, qu’elle doit se risquer sur ce même chemin, dans cette même aventure.»

Dans la tradition juive, le cantique est associé à la fête de l’Exode. Il est lu lors de la fête de la Pâque qui célèbre la sortie de l’esclavage, hors du pays de l’angoisse.

Ma colombe qui te caches au creux du rocher, dans le secret des escarpements, fais-moi voir ton visage, fais-moi entendre ta voix, car ta voix est douce et ton visage charmant.

Habituellement, dans la Bible, c’est Israël ou le croyant qui désire voir et entendre Dieu. De manière surprenante, ici, c’est l’inverse : Dieu appelle celle qu’il aime et lui déclare son amour !

« Chose incroyable et renversante que ce Dieu de l’univers qui supplie la personne humaine de se révéler à lui ! (…) A nous, si prompts à détecter nos défauts physiques et à énumérer nos déficiences intimes, voici que Dieu se présente comme l’amoureux qui s’enhardit à nous déclarer avec flamme que notre voix est douce et notre visage charmant ! Qui peut oser y croire ?

Celle ou celui qui humblement, délicatement, consent à desserrer l’étaut de ses peurs et à s’ouvrir à l’inconcevable. Celle ou celui dont le visage se détend et s’auréole d’un sourire d’enfant ».[1].

[1] Cf. Thérèse Glardon, Cet amour qui nous grandit. Dialogues avec le Bien -Aimé dans le Cantique des cantiques, Labor et Fides, 2020, p.77

La prière du dimanche 8 février 2026

Seigneur, tu aimes la justice et tu établis la paix sur la terre. Nous te présentons la désunion du monde actuel, la violence absurde et toutes les guerres qui brisent le courage des peuples du monde,
l’avidité et l’injustice humaines qui sont source de haine et de conflits. Envoie ton Esprit et renouvelle la face de la terre; apprends-nous à être compatissants envers toute la famille humaine; affermis la volonté de tous ceux et celles qui luttent pour la justice et pour la paix, et donne-nous cette paix que le monde ne peut pas donner.

Conseil œcuménique des Eglises, Genève

La citation du dimanche 8 février 2026

La quête chrétienne de la paix ne se résume pas à un engagement éthique et politique. Elle est portée et guidée par la foi en Dieu, Dieu de paix. Pour envisager l’avenir, je voudrais placer tous nos efforts humains en faveur d’une éthique évangélique responsable de la paix sous la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence.

Pasteure Kirsten Fehrs, Présidente de l’Eglise protestante d’Allemagne dans l’avant-propos du document « Un monde en désordre  – Une paix juste en ligne de mire. L’éthique protestante de la paix face à de nouveaux défis », 2025

Le verset du dimanche 8 février 2026

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point. » (Jean 14,27)

Prédication du dimanche 8 février 2026

Nous sommes profondément bouleversés face à la guerre en Ukraine, voilà 4 ans que cela dure ! Souvent réduite à des chiffres vertigineux (millions de victimes, territoires occupés, coûts astronomiques), n’oublions jamais qu’il s’agit avant tout d’êtres humains, de familles et d’enfants privés d’une vie normale. Après quatre années de conflit, la souffrance est immense : villes bombardées, populations plongées dans le froid et la peur quotidienne, réfugiés partout en Europe.

Face à cette réalité, nous interroge Dieu sur le sens de l’humanité, la responsabilité humaine et la persistance du mal, tout en rappelant la promesse biblique de paix (Ésaïe, Jean) et l’appel du Christ à une paix intérieure au cœur d’un monde agité.

Le Psaume 39 devient central : « Ne te tais pas devant mes pleurs ». Ce cri symbolise la détresse des Ukrainiens — et de toute personne confrontée à la guerre —, le sentiment d’impuissance, la fragilité de la vie (« tout humain n’est que vapeur ») et la question fondamentale : « Seigneur, que puis-je espérer ? »

La prière apparaît alors comme un appel désespéré mais confiant, enraciné dans la mémoire collective de l’aide de Dieu dans le passé. Pleurer devient un acte de vulnérabilité et d’ouverture, un chemin vers la compassion et la solidarité. N’oublions pas à intercéder pour ceux qui souffrent et à croire que Dieu entend les cris humains. « Ne te tais pas devant mes pleurs ».

Concluons sur l’idée que soutenir ceux qui appellent au secours fait partie de notre responsabilité, et que la prière, partagée ou silencieuse, demeure une source d’espérance au cœur de la détresse.