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Citation du dimanche 13 novembre 2022

« La vaine gloire ou vanité n’attaque pas seulement le croyant, comme les autres vices, dans la région inférieure de son être, mais dans la partie spirituelle ; il s’insinue dans l’âme avec ruse, tellement que ceux qu’il n’a pu tromper par les tentations de la chair sont profondément blessés dans leurs vertus mêmes. Les autres vices nous font une guerre ouverte et déclarée, et lorsque nous leur résistons avec énergie, l’ennemi s’affaiblit et attaque ensuite, avec moins de force, son vainqueur. Mais lorsque la vanité a tenté l’âme par quelque côté grossier et qu’elle a été repoussée, elle invente de nouvelles ruses, elle change de moyens, et elle prend des apparences de vertu pour perdre ceux qui lui ont résisté. »

Jean Cassien (4ème siècle)

« Va dans le cellier rencontrer ton Père » 

La plupart des traductions de la Bible disent dans ce verset de Matthieu « Entre dans ta chambre ». Mais en réalité il s’agit d’un mot grec (tameion) qui désigne plutôt le cellier d’une maison, la pièce où étaient entreposés les réserves de nourriture. C’est surprenant car de toutes les pièces de la maison c’est celle qui est le moins prévue pour la prière. Il y avait la chambre haute faite pour prier (on en a l’exemple avec Daniel ou encore Elisée), mais voilà que ce n’est pas très discret. Car quand quelqu’un monte à la chambre haute, on sait tout de suite qu’il s’y rend pour prier. Et alors le priant n’est pas à l’abri de l’ostentation et de la vaine gloire. Dans le cellier, personne ne se doute que tu y vas pour prier. On pense que tu vas juste chercher un pot de confiture ou une botte de carottes, mais certainement pas pour prier. Cela te préserve du regard des autres sur ta prière, et de la vaine gloire que tu pourrais ressentir en allant prier aux yeux de tous. Le cellier c’est aussi une pièce généralement sans fenêtre, contrairement à la chambre haute qui en a une. De la chambre haute on peut observer les gens de l’extérieur, mais pas dans le cellier, d’autant que Jésus dit de fermer la porte. Est-ce que cela veut dire que notre prière doit être fermée sur elle-même ? éloignée de la réalité du monde qui nous entoure ?  C’est un risque qui existe… un danger. Mais il faut plutôt voir dans cette absence de fenêtre du cellier le refus d’un regard extérieur sur les réalités et les gens, au profit d’un regard intérieur, un regard donné par Dieu dans la prière. C’est vite fait d’utiliser la prière pour prendre un ascendant sur l’autre : c’est un risque dans tout groupe de prière où notre prière parfois s’adresse finalement plus aux autres qu’à Dieu.  La prière en solitude dans le cellier, c’est le moment de vérité. Quand il n’y a plus de regards, plus d’autres auditeurs que Dieu… alors c’est le moment de vérité où on ouvre son cœur à Dieu de manière authentique sans attirer les regards, l’attention, ni pour paraitre extérieurement spirituel. Bien sûr tout ce qui est dit du cellier c’est une disposition spirituelle, on parle bien d’une image. Jésus n’est pas en train de dire que le seul lieu où on peut prier c’est au milieu des boîtes de conserve. C’est une parabole. On peut être spirituellement dans son cellier tout en étant physiquement au temple. Ce n’est donc pas ces lieux (synagogue et coins des rues) qu’il désapprouve mais cette disposition spirituelle qui cherche à se mettre en avant : la vaine gloire. 

Dieu, ton Père, se tient là dans ton cellier. Oui, ton Père, se tient là et il attend que tu arrives. Entre avec humilité, débarrassé de la vaine gloire et du paraitre, et offre ta prière intime à ton Père qui se tient là, ton Père qui écoute attentivement quelle seront les premiers mots de ta prière. Ton Père qui fait silence pour écouter ta prière : « Mon Père…. », et il répondra « Mon fils / ma fille ».

Verset du dimanche 30 octobre 2022

« Éternel, Dieu d’Israël, assis sur les chérubins ! C’est toi qui es le seul Dieu de tous les royaumes de la terre, c’est toi qui as fait les cieux et la terre. Éternel ! incline ton oreille, et écoute. Éternel ! ouvre tes yeux, et regarde. » (2 Roi 19, 15s)

« L’intercession prophétique » 

Le Ciel prie sur la terre ! Telle est la bonne nouvelle que nous adresse Paul en Romains 8 et en Hébreux 7. Le Fils et l’Esprit intercèdent en faveur de ceux qui croient.

Cette prérogative n’est pas réservée à l’Esprit ou au Christ. Tout croyant et disciple du Christ est appelé à intercéder à son tour. Ce faisant, il marche dans les pas d’Abraham et de Moïse. Dieu a ainsi construit son alliance qu’il a décidé de se laisser fléchir par la prière des humains.

Le mot intercéder en hébreu exprime bien le vis-à-vis que Dieu accepte. Intercéder c’est s’entretenir avec Lui, réclamer, insister. Intercéder peut inverser la course du péché, car la prière nous remet dans l’axe et la présence de Dieu. 

L’exemple de Jésus est des plus édifiants. Face à une situation, il a le regard de Dieu, le cœur de Dieu, la conscience de Dieu, la parole de Dieu. Il sait ce qui est de son ressort et ce qui est du ressort de Dieu. Et ce qui est du ressort de Dieu relève de l’intercession. Face à la situation problématique ou douloureuse de la foule abattue, il aurait pu les charger de sa critique. C’est souvent ce que nous faisons. Mais nous ignorons que nous faisons le jeu du diable. Quand du mal nous est révélé et que cela déclenche en nous des critiques et des reproches inutiles, nous reconnaissons là une révélation du diable. Quand le même mal nous est révélé et que cela déclenche en nous une intercession, nous reconnaissons l’œuvre de Dieu. Quel jeu voulons-nous jouer : celui de Dieu ou celui du diable ?

Quel regard portons-nous sur les situations pénibles de nos existences ? Celui du diable qui nous pousse au désespoir et nous fait voir le problème de façon démesurée ? Ou celui de Dieu qui bannit la peur et nous fait porter notre regard sur sa solution ? 

Que faisons-nous de la douleur des situations ? Les repoussons-nous sur les autres sous forme de méchanceté ou de rejet ?  Ou les repassons-nous sur notre cœur en attendant que l’Esprit qui couve toute chose nous révèle et nous partage sa compassion ?

Enfin, quelle parole allons-nous confesser ? Celle de l’amertume ou du désespoir ou celle, prophétique, que nous inspire l’Esprit de Dieu ?

Intercéder est une affaire de combat, de persévérance. Mais intercéder est aussi une affaire de position. Et notre position est d’être en Christ comme Lui était en Dieu. Prier en Christ permet de rechercher son regard sur toute chose, de rechercher la compassion qui est la sienne, d’entendre la parole que son Esprit inspire à nos cœurs. L’intercession est une parole qui va du cœur de Dieu jusqu’à la bouche des croyants. En cela, l’intercession est prophétique.