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Le verset du dimanche 26 juillet 2026

J’entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne soyez pas associés à ses péchés et que vous ne receviez pas une part de ses fléaux. Apocalypse 18,4

Comment je « sors » de Babylone sans fuir ? comment je vis à l’intérieur de systèmes jugés par Dieu et quel est le rôle des chrétiens dans ces situations ?

Prédication du dimanche 26 juillet 2026 : Apocalypse 18

Nous réfléchissons sur Apocalypse 18, qui raconte la chute de Babylone, symbole biblique d’un système politique, économique et social fondé sur l’injustice, l’oppression et la recherche du profit. Babylone ne désigne pas seulement la ville antique, mais représente toutes les sociétés ou systèmes qui privilégient la richesse, le pouvoir et les intérêts économiques au détriment de la dignité humaine. Historiquement, elle peut évoquer aussi bien la Babylone antique que l’Empire romain, dont la prospérité reposait largement sur l’exploitation et l’esclavage.

Cette dénonciation de l’opulence et du mépris envers la population dont Babylone est l’exemple extrême, reste actuelle. On peut rapprocher la mission prophétique de la Bible des mouvements contemporains comme #MeToo ou Black Lives Matter, qui ont mis en lumière des injustices longtemps ignorées. Comme l’ange de l’Apocalypse met la lumière sur Babylone au début du texte biblique, ces mouvements révèlent des réalités cachées et appellent à un changement.

Babylone, son nom veut dire « confondre », symbolise une confusion des valeurs : le gain remplace le partage, le pouvoir écrase les plus faibles, les relations humaines deviennent des rapports d’intérêt. Cette critique fait écho aux dérives de nos sociétés modernes.

Lorsque l’Apocalypse invite les croyants à « sortir de Babylone », il ne s’agit pas de fuir le monde ou de se replier entre personnes « pures », mais de refuser de participer à un système injuste. Les chrétiens sont appelés à vivre dans le monde tout en gardant un regard critique et en restant fidèles aux valeurs de l’Évangile : solidarité, justice, gratuité, respect de toute personne.

La chute de Babylone rappelle enfin que l’injustice n’aura pas le dernier mot. Dieu porte un jugement sur les systèmes oppressifs, ce qui ouvre une perspective d’espérance plutôt que de désespoir. La mission des croyants n’est pas de provoquer cette chute, mais d’être des témoins qui mettent en lumière les injustices et agissent, à leur échelle, pour construire un monde plus juste.

Le texte se conclut par une invitation à s’interroger personnellement : quelles valeurs de l’Évangile sont aujourd’hui bafouées dans notre société, et comment pouvons-nous les défendre sans devenir moralisateurs, mais en étant des artisans de justice et d’espérance ?

La prière du dimanche 19 juillet 2026

Parfois, Dieu, le sombre prend le dessus. Je ne sais plus par où avancer, je suis épuisé et je me demande où tu es. Mais alors dorénavant je veux me souvenir que tu es l’agneau de Dieu, celui qui a déjà vaincu le mal et qui m’invite à croire aux possibles espérances en toutes circonstances. Formidable es-Tu, Jésus glorifié, Christ crucifié. Don de Dieu pour que la Vie ne s’éteigne jamais. Merci de m’aider à saisir dans la foi le sens profond de cette affirmation du dernier livre de la Bible : Toi, Jésus, tu es l’agneau de Dieu, victoire. Amen.

La citation du dimanche 19 juillet 2026

L’œuvre de l’homme dans l’histoire économique, ou scientifique, ou technique ou politique est toujours la recherche d’une domination, d’une puissance, d’une réussite, d’une expansion, d’une croissance… Et ceci serait alors en accord avec un Dieu dévorant et gigantesque, et de fait les dieux que les homme se sont faits quand ils sont les dieux qui font l’histoire sont de ce type, Saturne ou Jupiter. Mais voici qu’on nous annonce le contraire.  …. Le non-puissant, le dépouillé.  … La liberté par l’Agneau pascal comme sens de l’histoire, n’est pas le produit de l’accumulation des puissances de l’homme, mais l’intervention, la mystérieuse insertion de la Non-Puissance de Dieu.

Jacques Ellul, L’Apocalypse, architecture en mouvement, p. 123

Le verset du dimanche 19 juillet 2026

Grâce et paix à vous de la part de celui qui est, qui était et qui vient, de la part des sept esprits qui sont devant son trône et de la part de Jésus-Christ, le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts et le chef des rois de la terre ! A celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang et qui a fait de nous un royaume, des prêtres pour son Dieu et Père, à lui la gloire et le pouvoir à tout jamais ! Amen ! (Apoc 1, 5-6)

Prédication du dimanche 19 juillet 2026 : Apocalypse chapitre 5

Quand j’étais jeune et en recherche spirituelle, j’ai découvert le livre de l’Apocalypse à travers des auteurs américains qui en faisaient un manuel de géopolitique annonçant la fin des temps, le retour du Christ et la bataille finale entre le bien et le mal. Je me suis donc dit : la Bible est vraie, et cela m’a permis de m’ouvrir  la foi chrétienne. Même si je juge aujourd’hui ces lectures simplistes et trompeuses.

Longtemps éloigné de m’intéresser au livre de l’Apocalypse, je souhaite pourtant y revenir aujourd’hui, notamment parce que ce livre influence à nouveau certains courants de la droite américaine proche du pouvoir, notamment le milliardaire Peter Thiel, qui s’inspire de l’Apocalypse pour développer une vision politique opposée aux institutions internationales et favorable à des dirigeants forts capables de combattre l’Antéchrist supposé de notre époque et qui se niche aussi dans le fait démocratique et des relations multilatérales.

Face à ces récupérations politiques, il devient important de relire l’Apocalypse pour elle-même et de redécouvrir son message encourageant. Contrairement à l’usage courant du mot « apocalyptique », ce livre n’a pas été écrit pour annoncer des catastrophes futures, mais pour encourager les premiers chrétiens persécutés à tenir bon dans l’épreuve. Derrière les malheurs décrits de manière spectaculaire, le message central est la victoire définitive du Christ et l’espérance d’une création renouvelée, juste et pacifiée.

L’Apocalypse « lève le voile » sur les coulisses de l’histoire et révèle que, malgré les apparences, le Christ demeure le vainqueur. Le livre présente ainsi de nombreuses images et titres de Jésus : l’Alpha et l’Oméga, le Roi des rois, le Témoin fidèle, l’Étoile du matin ou encore l’Agneau de Dieu. Cette richesse invite à ne jamais enfermer le Christ dans une seule définition ou compréhension.

L’image centrale demeure celle de l’Agneau, présente vingt-huit fois dans le livre. Jésus y apparaît comme l’Agneau immolé mais vivant, dont la victoire ne repose ni sur la force ni sur la domination, mais sur le don de soi et l’amour jusqu’au bout. Même glorifié, le Christ conserve les marques de sa souffrance et demeure solidaire des fragilités humaines.

Ainsi, l’Apocalypse n’annonce pas un combat équilibré entre le bien et le mal : elle proclame que le Christ a déjà vaincu le mal et la mort. Cette certitude nourrit l’espérance des croyants et les invite à vivre dès aujourd’hui dans la confiance en la victoire de la vie sur toutes les formes de mort.