Ce matin, comme je priais tranquillement devant ma tasse de café, le seigneur est venu s’asseoir près de moi. Il ne m’a rien dit. Il s’est assis simplement, en silence. Moi, je me disais, comme Jean à Pierre : C’est le Seigneur ! et je Le regardais à la dérobée, du coin de l’œil. Mais lui ne disait rien : il priait. Alors j’ai  mis ma tête dans mes mains pour prier moi aussi ; mais je n’avais plus de mots, ni de questions, ni révolte ; là où, d’habitude, se bousculent les pensées les plus diverses, il n’y avait que la paix. Un océan de paix. Décontenancée, j’ai scruté cet océan, à l’horizon : rien, seulement la paix. Nous sommes restés un moment tous les deux sans parler côte à côte ; et puis, je me suis levée et je suis partie à mon travail. Et Jésus est resté à prier.

Elisabeth Vilain, Car Tu es moi plus que moi-même.