L’invasion de l’Ukraine par la Russie a été, ici à l’ouest de l’Europe, présentée de manière récurrente comme la fin d’un rêve – un rêve qui a pris forme en Europe après 1945 dans les ruines et les cendres : L’Europe se reconstruira en terre de paix. Mais ce rêve a pris une tournure étrange. Car nous savons que, dans les faits, l’Europe n’a jamais cessé d’être en guerre. Outre les indépendances des pays des empires coloniaux européens qui se sont conquises bien souvent dans le sang, nombre d’Etats participent, depuis la fin de la guerre froide, aux coalitions qui ont envahi l’Irak, l’Afghanistan, qui ont bombardé la Libye, les Balkans, la Somalie, le Yémen, le Sahel, … De fait, ces guerres sont aussi les nôtres. (Déborah V. Brosteaux, Les Désirs Guerriers de la Modernité, 2025)