L’accès à Dieu n’est pas assujetti au respect scrupuleux de certaines exigences religieuses ou morales. Jésus, en tant que porte de l’enclos par où les brebis sortent pur aller brouter l’herbe du pâturage, puis rentrent se mettre à l’abri (Jean 10,9), est à la fois notre liberté et notre sécurité. La liberté qui nous protège de la loi de la jungle, et la sécurité qui nous préserve de l’enferment oppressant. A l’extérieur, nous ne sommes pas livrés à la merci absurde des circonstances, sans aucun recours. A l’intérieur, nous ne sommes pas empêchés d’être nous-mêmes, comme si la paix devait passer par la soumission et l’uniformisation.
Anne Maillard, Dieu à la croisée de nos questions, Editions du Moulin, 2002