Dietrich Bonhoeffer, pasteur et théologien allemand exécuté en 1945, écrivait en 1934: « Comment obtenir la paix ? Par un système de traités politiques ? Par l’investissement de capitaux internationaux dans les différents pays ? c’est-à-dire par les grandes banques, par l’argent ? Ou même par un réarmement pacifique généralisé dans le but de garantir la paix ? Non, pas par tout cela, pour la simple raison que l’on confond partout la paix et la sécurité. Il n’y a pas de voie vers la paix par la voie de la sécurité. Car la paix doit être osée, c’est un grand risque, et elle ne peut jamais être assurée. La paix est le contraire de la sécurité. Exiger des garanties, c’est se méfier, et cette méfiance engendre à son tour la guerre. Chercher des sécurités, c’est vouloir se protéger soi-même. La paix, c’est s’abandonner entièrement au commandement de Dieu, ne pas vouloir de sécurité, mais remettre, dans la foi et l’obéissance, l’histoire des peuples entre les mains du Dieu tout-puissant et ne pas vouloir en disposer égoïstement ». Ces déclarations limpides s’inscrivent dans le contexte du national-socialisme allemand, de la mise au pas des églises, d’un néo-luthéranisme nationaliste et enthousiaste à l’égard de la guerre.