L’histoire du Bon Samaritain n’est racontée que dans l’évangile de Luc ; ni Matthieu, ni Marc, ni Jean ne la relate. Occurrence inversément proportionnelle à l’impact qu’elle a eu.

Cette parabole est précédée du résumé de la Loi : aimer Dieu et aimer son prochain. Le récit du Samaritain illustrera l’amour du prochain. Le récit qui suit, Jésus chez Marthe et Marie, illustrera l’amour de Dieu.

Respect, amour, attention à l’égard de Dieu et du prochain sont comme les gonds d’une porte qui ouvre au bonheur, à la vie éternelle.

‘Au Moyen Âge, la parabole du Bon Samaritain représente l’histoire de l’humanité depuis la chute d’Adam jusqu’à la rédemption par Jésus-Christ : le voyageur symbolise le genre humain pendant que les brigands figurent les forces du mal, le péché et la souffrance qui blessent l’homme et l’abandonnent ensuite. Le prêtre et le lévite qui ne lui portent pas secours correspondent dans cette interprétation à l’Ancien Testament, impuissant à soulager la souffrance humaine, tandis que le Samaritain est Jésus lui-même, venu sauver l’humanité en la conduisant vers l’hôtellerie, c’est-à-dire son Église. Ainsi Jésus est-il le « prochain », celui qui se penche sur l’homme et prend soin de lui.’

Aujourd’hui, on insiste plus sur le renversement qu’opère la parabole. De « qui est mon prochain ?» Jésus passe à « De qui vas-tu te montrer le prochain ? ». En d’autres termes, le prochain n’est pas une catégorie de personnes bien définie auxquelles je dois faire attention, classant les gens en dignes de mon amour ou non.

Le prochain, c’est moi et la question est : « de qui vais-je me montrer le prochain ? ». C’est une attitude d’éveil à soi et à l’autre auquel me convie le texte. Une ouverture jamais définitivement close, une intranquillité féconde.

L’Eglise est appelée à être un de ces lieux où exercer, vivre et recevoir, cette attention, cet amour et ce respect mutuel, enraciné dans l’amour premier de Dieu.