Les dernières pages de nos bibles font écho aux premières : on retrouve un fleuve qui sort de La Ville, comme celui qui sort du jardin d’Eden. On retrouve aussi l’arbre de vie au milieu, mais cette fois, il est seul, il n’est plus accompagné de l’arbre de la connaissance du bien et du mal qui avait causé la chute. Et l’auteur renforce « il n’y aura plus de malédiction » (22,3): la sentence qui interdisait l’accès au paradis est annulée.

Ce vers quoi nous allons, n’est pas une lente amélioration de l’histoire, mais une nouvelle création. C’est déjà rassurant, parce que quand je regarde le monde, je ne vois pas vraiment l’amélioration au fur et à mesure des siècles. La Bonne nouvelle que j’entends encore, c’est que cette fin de l’histoire ne dépend pas de nous, ce n’est pas à nous de réaliser cette nouvelle terre et ces nouveaux cieux : faire confiance à la force de notre Dieu créateur.

Et ce n’est pas un retour aux origines : ce n’est pas un jardin, mais une ville. Comme pour dire : il y a eu toute une histoire, votre histoire et c’est avec elle que je crée à neuf.

Notez ensuite la surprenante absence de temple. Dieu demeure dans la Ville ; tous seront en sa présence. Il sera pleinement « Dieu avec nous ».

Et si Ezéchiel (37, 27-28) annonçait : « Ma demeure sera auprès d’eux ; je serai leur Dieu ; ils seront mon peuple. » Ici, l’annonce s’élargit à toutes les nations : « ils seront ses peuples »(21,3) et lui sera « Dieu qui est avec eux » !

Les portes constamment ouvertes ne protègent pas la ville, mais donnent accès et accueil à ceux qui viennent d’ailleurs, aux nations qui apporteront leur gloire et leur honneur (24.26), la richesse de leur spiritualité .

L’arbre de vie au bord du fleuve qui porte son fruit chaque mois fait aussi référence à Ez 47 où l’eau sort du Temple en 4 rivières qui deviennent des fleuves, au bord desquels poussent des arbres qui donnent des fruits tous les mois. Peut-on mieux parler des bienfaits qui poussent quand nous sommes bien enracinés dans la présence de Dieu ?

Cette présence de Dieu que nous pouvons déjà savourer maintenant et en porter les fruits dans nos vies.

Et le feuillage de l’arbre de vie ? Il sert à la guérison des nations

Tenez bon dans la foi, nous dit Jean, c’est ce qui compte maintenant et en fin de compte aussi. Oui, il y a le mal que nous faisons et le mal que nous subissons. Mais non, ce n’est pas cet horizon qui nous attend.

Le Christ est plus fort, plus grand et nous invite à une proximité de son amour qui fera fondre tout ce qui fait mal.

C’est à cette espérance que l’Apocalypse nous invite.