La prédication a développé une comparaison entre la nationalité civile (symbolisée par le passeport) et l’identité chrétienne (symbolisée par le baptême).
Comme tout citoyen appartient à une nation avec des droits et des devoirs, le chrétien possède une “double appartenance” : à son pays d’origine et au royaume de Dieu. Ce dernier, inauguré par Jésus, repose sur des valeurs différentes de celles des royaumes terrestres, souvent marqués par le pouvoir, les conflits et les manipulations.
À travers le dialogue entre Jésus et Pilate, le texte montre l’opposition entre deux logiques : celle du pouvoir politique, qui cherche à se maintenir à tout prix, et celle du Christ, dont le royaume n’est pas de ce monde et se fonde sur la vérité, l’amour et l’espérance. Ce royaume ne s’impose pas par la force, mais se vit quotidiennement avec les valeurs de la vérité, de la justice et de l’amour, sous l’autorité d’un roi couronné d’épines et giflés par le peuple.
Le texte invite alors à une réflexion personnelle : à quelle appartenance donnons-nous la priorité ? Sans rejeter l’identité nationale, il s’agit de placer en premier l’identité spirituelle. Les chrétiens sont appelés à être témoins de ce royaume dans le monde, en résistant aux mensonges, aux peurs et aux manipulations, et en vivant des valeurs de vérité, de justice et d’amour.
Enfin, le message insiste sur la mission des croyants : témoigner au quotidien, non pour juger, mais pour apporter espérance et lumière.
C’est beau, c’est fort, de se dire d’appartenir à un roi qui n’est pas de ce monde et que même la sentence ultime n’a pas réussi à éliminer. Il vit, aujourd’hui, avec nous, comme compagnon de route, ce roi couvert de blessures, comme le dit le cantique. Il vit, aujourd’hui, et cela est pour moi un repart contre ceux qui jouent à Pilate. Rien ne peut nous séparer de cet amour. Rendons-en témoignage au quotidien, dans les votes, dans les résistances parfois nécessaires.