La saison de la Création (du 1er septembre au 4 octobre 2026) nous invite à prier et agir pour prendre soin de notre « Maison commune » et de la nature. Dans un monde et une société marqués par le rendement et la vitesse, posons-nous la question du lien que nous développons avec la nature. La Création est aujourd’hui exploitée au-delà de ce que la terre peut supporter, nous le savons. Dans l’Evangile, au cœur de son enseignement dit Sermon sur la montagne, Jésus propose une autre attitude, celle de l’observation. Il nous invite à nous arrêter : observez les oiseaux, regardez les fleurs des champs. Les oiseaux ne sèment pas ni ne moissonnent, ils ne font pas de récoltes, et pourtant ils trouvent de quoi manger, Dieu les nourrit ! … Et les fleurs des champs ne tissent ni ne filent, mais elles poussent et s’habillent de leurs plus belles parures… Oui, la nature nous enseigne : il y a quelque chose qui est donné, la vie circule, surgit sans que nous y soyons pour quoi que ce soit. C’est la grandeur et la force de la Création, dont nous faisons partie. C’est la grandeur et la beauté de la vie qui nous est confiée. La nature, à sa manière, nous redit qu’il y a quelque chose de plus grand que nous, un Souffle de vie qui nous traverse, nous porte, nous élargit et nous apaise. Regarder la nature provoque une forme de lâcher-prise, de dé-maîtrise et de décentrement. Les paroles de Jésus ne sont certainement pas un appel à la paresse et à l’inaction, mais bien plutôt une invitation à la confiance. Dieu est un Père qui prend soin. Le souci et l’angoisse si propres à nos existences risquent toujours de nous ronger, nous isoler, nous paralyser ou encore nous entraîner dans un activisme maladif. Au contraire, la confiance au Dieu de Jésus-Christ est tout à la fois abandon et action tranquille, enracinée dans le Souffle de vie qui parcourt toute la Création.