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La citation du dimanche 13 septembre 2026

« Les éco-psychologues ont montré que la mise en pratique de la gratitude freine l’hyperconsommation. Les relations cultivées par la logique du don diminuent notre sentiment de pénurie et de manque. …La catastrophe climatique et la perte de biodiversité sont les conséquences d’un prélèvement effréné par les humains. Cultiver la gratitude pourrait-il faire partie de la solution ? »

Robin Wall Kimmerer, L’arbre aux oiseaux, abondance et réciprocité dans le monde naturel, Actes Sud, 2026

Le verset du dimanche 13 septembre 2026

Soyez toujours joyeux, priez sans cesse, soyez reconnaissants en toute circonstance. Voilà ce que Dieu demande de vous, dans votre vie avec Jésus Christ. Ne faites pas obstacle à l’action de l’Esprit saint; ne méprisez pas les messages reçus de la part de Dieu.

1 Thessaloniciens 5, 16-20

Prédication du dimanche 13 septembre 2026

Partons des derniers mots échangés avant un long départ : dans ces moments, on ne parle pas de choses secondaires, mais de paroles essentielles comme « prends soin de toi », « je t’aime » ou « merci ». De la même manière, la Lettre aux Thessaloniciens transmet quelques recommandations fondamentales : « Soyez toujours joyeux, priez sans cesse, soyez reconnaissants en toute circonstance, et accueillez l’action de l’Esprit de Dieu. »

L’idée centrale est celle de la gratuité. La foi chrétienne invite à accueillir les dons de Dieu sans chercher à les mériter ou en faire un profit de surabondance. La prière, la grâce, l’amour et la présence de Dieu sont des cadeaux. Cette liberté reçue du Christ doit conduire à une vie joyeuse, reconnaissante et libre, plutôt qu’à une vie dominée par la recherche d’une surabondance qui affaiblit les dons de la création.

Cette gratuité que Dieu nous déploie en Christ, la grâce et le pardon sans mérite, est aussi une critique de notre société de consommation, fondée sur le « acheter-vendre-acheter », qui pousse à accumuler, à consommer toujours plus et peut entraîner pauvreté, gaspillage et exploitation de la nature. À l’inverse, le christianisme propose une logique du don, du partage et de la suffisance.

La prière ne se limite pas aux paroles adressées directement à Dieu : la nature elle-même peut être vécue comme une prière. Une fleur, le chant d’un oiseau, un paysage ou les fruits de la terre sont autant de cadeaux qui peuvent nous conduire à la gratitude et la louange à Dieu. Il faut donc prendre dans la création ce dont nous avons réellement besoin, sans gaspiller ni accumuler.

Nous sommes invité-es, chacun et chacune, particulièrement dans le cadre de la Saison de la Création, à retrouver l’émerveillement devant les choses simples: les légumes, les fruits, les fleurs et les paysages. La gratitude peut nous aider à sortir de l’hyperconsommation et à mieux respecter la création.

La confession de foi du dimanche 6 septembre 2026

Nous croyons en Dieu,

Présence avant toute chose,

Fidélité en chaque chose,

Qui confie la terre et ne la vend pas,

Qui donne la vie et ne la compte pas.

Nous croyons en Jésus,

Chemin de simplicité dans le monde.

Il a marché sans posséder,

Il a aimé sans compter,

Il a donné sans retenir.

Nous croyons en l’Esprit,

Souffle discret.

Il allège nos pas, Il ouvre nos mains, Il éveille notre regard.

Il nous apprend

À voir la terre blessée, à entendre le cri lointain, à choisir ce qui fait vivre.

Nous croyons que la valeur ne s’achète pas,

Qu’elle se tisse dans le temps,

Dans l’usage,

Dans le soin,

Dans le partage,

Dans la mémoire.

Amen.

Les citations du dimanche 6 septembre 2026

« C’est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas » (Victor Hugo)

« La nature fait les choses sans se presser, et pourtant tout est accompli. » (Lao Tseu)

« Il a fallu des millénaires à l’homme pour apprendre à dominer la nature, l’heure est maintenant venue pour lui de dominer sa domination » (Paul VI)

Prédication du dimanche 6 septembre 2026

La saison de la Création (du 1er septembre au 4 octobre 2026) nous invite à prier et agir pour prendre soin de notre « Maison commune » et de la nature. Dans un monde et une société marqués par le rendement et la vitesse, posons-nous la question du lien que nous développons avec la nature. La Création est aujourd’hui exploitée au-delà de ce que la terre peut supporter, nous le savons. Dans l’Evangile, au cœur de son enseignement dit Sermon sur la montagne, Jésus propose une autre attitude, celle de l’observation. Il nous invite à nous arrêter : observez les oiseaux, regardez les fleurs des champs. Les oiseaux ne sèment pas ni ne moissonnent, ils ne font pas de récoltes, et pourtant ils trouvent de quoi manger, Dieu les nourrit ! … Et les fleurs des champs ne tissent ni ne filent, mais elles poussent et s’habillent de leurs plus belles parures… Oui, la nature nous enseigne : il y a quelque chose qui est donné, la vie circule, surgit sans que nous y soyons pour quoi que ce soit. C’est la grandeur et la force de la Création, dont nous faisons partie. C’est la grandeur et la beauté de la vie qui nous est confiée. La nature, à sa manière, nous redit qu’il y a quelque chose de plus grand que nous, un Souffle de vie qui nous traverse, nous porte, nous élargit et nous apaise. Regarder la nature provoque une forme de lâcher-prise, de dé-maîtrise et de décentrement. Les paroles de Jésus ne sont certainement pas un appel à la paresse et à l’inaction, mais bien plutôt une invitation à la confiance. Dieu est un Père qui prend soin. Le souci et l’angoisse si propres à nos existences risquent toujours de nous ronger, nous isoler, nous paralyser ou encore nous entraîner dans un activisme maladif. Au contraire, la confiance au Dieu de Jésus-Christ est tout à la fois abandon et action tranquille, enracinée dans le Souffle de vie qui parcourt toute la Création.