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La citation du dimanche 15 mars 2026
« Aujourd’hui, tu reçois le baptême chrétien. On prononcera sur toi toutes les grandes paroles anciennes de la révélation chrétienne, sans que tu n’y comprennes rien.
Nous-mêmes aussi devons renoncer à comprendre.
Les notions de rédemption, d’Esprit Saint, de croix, de résurrection sont devenues si difficiles et lointaines que c’est à peine si nous osons encore en parler.
Nous soupçonnons un souffle nouveau et bouleversant dans les paroles et les actions traditionnelles sans pouvoir encore le saisir et l’exprimer.
(…) Quand tu seras adulte, le visage de l’Eglise aura changé. Sa refonte n’est pas terminée (…).
Ce n’est pas à nous de prédire le jour, mais ce jour viendra, où des hommes seront appelés de nouveau à prononcer la Parole de Dieu de telle sorte que le monde en sera transformé et renouvelé.
Jusqu’à ce jour, la vie des chrétiens sera silencieuse et cachée. Mais il y aura des hommes qui prieront, agiront selon la justice, et attendrons le temps de Dieu. Puisses-tu être de ceux-là.»
Lettre de Dietrich Bonhoeffer à son filleul (1944).
Dietrich Bonhoeffer, pasteur était membre de l’Eglise confessante en Allemagne. Né en 1906 à Breslau, il est mort en 1944 dans le camp de concentration de Flossenbürg
Le verset du dimanche 1er mars 2026
Mais le Seigneur lui dit : « Ne te laisse pas impressionner par sa belle apparence et par sa taille imposante, car je ne l’ai pas choisi. Je ne juge pas de la même manière que les êtres humains ; ceux-ci s’arrêtent aux apparences, mais moi je vois jusqu’au fond du cœur. » 1 Samuel 16, 7
La citation du dimanche 1er mars 2026
« Il n’y a de don, s’il y en a, que dans ce qui interrompt le système ou aussi bien le symbole, dans une partition sans retour et sans partition, sans l’être-avec-soi du don-contre-don. Pour qu’il y ait don, il faut que le donataire ne rende pas, n’amortisse pas, ne rembourse pas, ne s’acquitte pas, n’entre pas dans le contrat, n’ait jamais contracté de dette […].Pour qu’il y ait don, il faut qu’il n’y ait pas de réciprocité, de retour, d’échange, de contre-don ni de dette. »
Jacques Derrida (1930-2004), philosophe français.
La prière du dimanche 1er mars 2026
Dieu. Cette femme avec son parfum….quel courage. Oser. Oser aussi témoigner de l’attachement au Christ, oser dire ce qui lui arrivera. Donner sans rien attendre de retour. Donnes-moi cette semaine la force de poser un geste de don inconditionnel. Et de m’interroger sur les récits convenus. M’ouvrir à des récits nouveaux imbibés de l’Evangile. Oui, Seigneur, je sens que tout cela enrichira grandement ma vie. Merci. Amen.
Marc 14, 3-8 L’onction à Béthanie
Le parfum, utilisé depuis l’Antiquité pour célébrer, honorer ou embaumer, devient dans l’Évangile un geste profondément symbolique lorsqu’une femme verse un parfum précieux sur la tête de Jésus. Les convives ne voient dans cet acte qu’un gaspillage d’argent qui aurait pu être donné aux pauvres. Ils jugent selon une logique matérielle et utilitaire, prisonnière d’un « récit dominant » fondé sur l’efficacité et la rentabilité.
Jésus, au contraire, cherche à comprendre le geste de la femme à partir d’elle-même. Il ouvre un autre regard, un autre récit, qui dépasse la simple logique économique. Ce texte invite ainsi à interroger nos propres réflexes : suivons-nous le récit convenu, raisonnable et conformiste, ou celui de l’Évangile, qui demande un changement de regard et une conversion intérieure ? Le baptême engage à adopter ce regard du Christ, fait de grâce, d’amour et de vérité, plutôt que de jugement ou de moralisme.
Le geste de la femme illustre aussi la différence entre le don conditionnel — un « deal » qui attend un retour — et le don inconditionnel, gratuit, sans attente de réciprocité. À l’image d’un coucher de soleil ou du rire d’un enfant, le don inconditionnel est gratuit, surprenant, inutile au sens marchand, mais porteur de joie et de sens. L’onction de Béthanie révèle cette dimension du don comme excès d’amour, au-delà de toute logique utilitaire.
Alors à la suite de cette femme sans nom, laissons-nous embarquer par des récits qui ne sont pas déjà figés. Ecoutons celles et ceux qui nous interpellent par leur comportement, par leur différence, comme le fait Jésus. Et offrons de plus en plus non pas des deals, mais des dons inconditionnels qui changeront réellement nos rapports humains.
Les citations du dimanche 15 février 2026
Qu’il me couvre de ses baisers !
Car tes caresses, tes étreintes, sont meilleures que le vin
et meilleures que la senteur de tes parfums.
Ton nom, ta personne est un parfum raffiné qui se répand,
c’est pourquoi les jeunes filles t’aiment.
Attire-moi à toi, entraîne-moi après toi,
Et nous courrons.
Cantique des cantiques 1, 2-4a
J’entends la voix de mon bien-aimé, le voici : il vient,
Sautant par-dessus les monts, bondissant par-dessus les collines.
Mon bien-aimé s’adresse à moi et me dit :
Lève-toi, mon amie, ma belle,
va, de toi-même, pour toi-même et vers toi-même !
Car voici, l’hiver est passé,
la pluie a cessé, elle s’en est allée.
Les fleurs paraissent sur la terre,
le temps de chanter est arrivé,
et l’on entend sur notre terre,
la voix de la tourterelle.
(…)
Mon bien aimé est à moi, et moi je suis à lui.
Cantique des cantiques 2, 8-12.16
« Heureux qui entre dans le Lieu Saint, mais bien plus heureux celui qui entre dans le Saint des Saint […] Heureux de même celui qui comprend les cantiques de la Bible, mais plus heureux encore celui qui chante le Cantique des Cantiques. »
Origène, père de l’Eglise, 2e-3e siècle après J-C.