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Le verset du dimanche 18 octobre 2026
Il crie, le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs ; et les clameurs des moissonneurs sont parvenues jusqu’aux oreilles du Seigneur.
Lettre à Jacques 5, 4
TerrEspoir – dimanche 18 octobre 2026
L’histoire de TerrEspoir commence par une question très concrète : que deviennent les jeunes formé∙es à l’agriculture lorsqu’ils et elles ne trouvent pas de débouchés pour leurs produits ? En mai 1992, à Yaoundé, le pasteur camerounais Luc Norbert Kenne, engagé auprès de groupes de jeunes ruraux, échange avec Olivier Martin, technicien agronome suisse et expert-conseil de DM, qui a dirigé pendant onze ans la ferme-école de Bagam, dans l’ouest du Cameroun. Tous deux font le même constat : beaucoup de jeunes formé·es au travail de la terre se retrouvent en situation précaire. Le problème n’est pas seulement de produire, mais de commercialiser. De cette rencontre naît une idée audacieuse. Celle de créer un système de commercialisation reliant différentes régions du Cameroun, puis ouvrant aussi un débouché en Europe. DM joue un rôle de déclencheur à travers le Service chrétien d’animation rurale (SCAR), un service créé pour accompagner les projets d’animation et de formation en zones rurales africaines. Dès 1992, les premiers fruits camerounais sont testés en Suisse : une commande de 150 kilos, puis sept arrivages au total cette année-là, vendus grâce aux Magasins du Monde, à des épiceries alternatives, à des paroisses et à des réseaux militants. Les débuts sont fragiles, parfois incertains. Les prix paraissent élevés à certain∙es acheteur∙euses, les débouchés restent à construire, et même au sein de DM, le débat existe : une organisation missionnaire peut-elle porter une activité commerciale ? Mais l’expérience révèle rapidement son potentiel. En 1993, le Conseil de DM demande à Christophe Reymond, ingénieur agronome et futur coordinateur de TerrEspoir Suisse, de mener une étude de faisabilité. L’enjeu est alors de clarifier les responsabilités, les contraintes et l’avenir institutionnel du projet. Peu à peu, TerrEspoir se structure autour d’une conviction nouvelle pour les producteur∙trices : ils et elles ne sont pas de simples fournisseurs, mais les premier∙ères acteur∙trices de la filière. Ils et elles apprennent à calculer leur prix de revient, à fixer un prix juste, à garantir qualité et traçabilité, et à ne plus dépendre uniquement du prix imposé par les commerçant∙es. Cette maturation conduit à une double structuration. Au Cameroun, un groupement d’initiative – TerrEspoir Cameroun – est légalement constitué à Douala en 1995, avec des représentant∙es des producteur∙trices et des unions d’Églises partenaires. En Suisse, la Fondation TerrEspoir Suisse est officiellement créée en 1996 par DM et Pain pour le Prochain (aujourd’hui l’EPER), avec pour vocation de promouvoir un commerce équitable et respectueux de l’environnement. Dès l’origine, l’intuition est claire : TerrEspoir ne doit pas être un instrument aux mains des institutions, mais rester au service des producteur∙trices. C’est cette intuition que DM prolonge aujourd’hui encore, en soutenant une filière où l’agriculture familiale devient source de dignité, d’autonomie et d’avenir !
La citation du dimanche 11 octobre 2026
« L’essence de la parole ne réside pas, originellement, dans sa signification ou son pouvoir narratif, mais dans la réponse qu’elle suscite. »
Emmanuel Levinas
Confession du péché et de la confiance, Jonas 2, 2-10, dimanche 11 octobre 2026
Depuis le ventre du poisson, Jonas adressa cette prière au Seigneur, son Dieu
« Quand j’étais dans la détresse, j’ai crié vers toi, Seigneur,
et tu m’as répondu ;
du gouffre de la mort, j’ai appelé au secours
et tu m’as entendu.
Tu m’avais jeté dans la mer, au plus profond de l’eau.
Les flots m’encerclaient, tu faisais déferler sur moi vagues après vagues.
Déjà, je me disais : “Me voilà chassé loin de toi, Seigneur,
pourtant j’aimerais revoir le temple qui est le tien.”
L’eau m’arrivait à la gorge.
La mer me submergeait,
des algues s’enroulaient autour de ma tête.
J’étais descendu là où se forment les montagnes,
le monde des morts fermait pour toujours ses verrous sur moi ;
mais toi, Seigneur mon Dieu,
tu m’as fait remonter vivant du gouffre !
Au moment où la vie me quittait,
je me suis souvenu de toi, Seigneur,
et ma prière est parvenue jusqu’à toi, au temple qui est le tien.
Les personnes qui adorent les faux dieux
N’ont aucune chance d’être sauvées.
Mais moi, je chanterai ta louange,
je t’offrirai des sacrifices,
je tiendrai les promesses que je t’ai faites.
Oui, c’est toi, Seigneur, qui me sauves ! »
Prédication du dimanche 11 octobre 2026
On peut lire l’histoire de Jonas en prenant pour grille de lecture les jeux de rôles où le scénario se dessine en fonction des réactions choisies par les partenaires du jeu. Dans cette perspective Dieu joue avec Jonas. Si Jonas souvent décide de ne jouer que pour lui, il semble que Dieu tient à lui, fait tout pour maintenir la relation tout en lui laissant toujours la liberté de réaction.
Plusieurs manches se jouent tout au long du récit. Elles dévoilent comme chaque personnage est un acteur responsable, responsable de ses choix devant lui-même, devant les autres, devant Dieu. Chacun se trouve contraint de décider comment il veut poursuivre son existence, les marins dans la tempête, les Ninivites à l’annonce de la destruction prochaine de leur ville, Jonas dans ses face-à-face avec son Dieu.
Le scénario du jeu n’est pas écrit d’avance ; il reste de la place pour l’imprévu. Dieu n’est pas le maître absolu du jeu. Lui aussi essaye, corrige, recommence. Jonas aimerait pouvoir prévoir les actions de Dieu. Il fait l’expérience d’un Dieu imprévisible, par bonté.
L’histoire raconte un Dieu qui agit pour le bonheur des humains qui veulent entrer dans la partie. Ou pour le dire autrement : Dieu te ménage un espace de liberté et de responsabilité. Tu peux prendre le risque de lui faire confiance. Il s’est manifesté souvent, dans sa bonté.
Jonas aussi aura grandi dans ce périple. Il a dû abandonner ses certitudes pour les retrouver en les mettant en jeu, en les vivant.
La fin est ouverte ; c’est au tour de Jonas de jouer. Préférera-t-il prendre soin de son amour-propre blessé ? de son sentiment de justice non-respecté ?
Va-t-il, suivant l’exemple des « autres », accepter cet amour, cette solide bonté de Dieu ? Cette main que Dieu lui tend, à lui comme aux étrangers ?
L’histoire ne le dit pas. Peut-être parce que l’histoire que Dieu tisse avec nous, en fonction de nos réponses, est, elle aussi, encore à inventer.
Pour en savoir plus :
Olivier Bauer, Le jeu de Dieu et de Jonas, Aubonne : Editions du Moulin, 1996
Francine Carillo, Jonas. Comme un feu dévorant, Genève : Labor et Fides, 2017
La prière du dimanche 4 octobre 2026
Seigneur,
Merci pour tous les bienfaits présents dans ma vie. Merci pour le toit que j’ai sur la tête. Merci pour la nourriture présente chaque jour dans mon assiette. Merci pour mes vêtements et pour les moyens de locomotion dont je dispose. Merci pour mon corps et mes organes qui font leur travail du mieux qu’ils le peuvent, œuvrant sans même que j’aie à y penser.
Mais merci aussi pour mes épreuves car elles me permettent de continuer à apprendre qui je suis véritablement. A travers ceux qui m’ont blessé ou rejeté, j’ai pu voir apparaître les blessures que je portais encore en mon cœur et que je pouvais maintenant réparer avec ton aide.
Merci pour la fatigue ou la maladie qui m’ont invité à prendre conscience de ma vulnérabilité et du fait que j’avais moi aussi le droit de me reposer. Merci pour la peur qui m’a invitée à chercher un chemin pour trouver en toi la paix.
Merci Seigneur pour chaque morceau de mon expérience de vie, et merci d’avoir toujours placé à côté de moi qui il fallait dans le visible comme dans l’invisible pour que je sois capable de surmonter mes difficultés et aussi les absences de sens.
Prends mes simples mots, Seigneur : MERCI, MERCI, MERCI