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Prédication du dimanche 11 octobre 2026
On peut lire l’histoire de Jonas en prenant pour grille de lecture les jeux de rôles où le scénario se dessine en fonction des réactions choisies par les partenaires du jeu. Dans cette perspective Dieu joue avec Jonas. Si Jonas souvent décide de ne jouer que pour lui, il semble que Dieu tient à lui, fait tout pour maintenir la relation tout en lui laissant toujours la liberté de réaction.
Plusieurs manches se jouent tout au long du récit. Elles dévoilent comme chaque personnage est un acteur responsable, responsable de ses choix devant lui-même, devant les autres, devant Dieu. Chacun se trouve contraint de décider comment il veut poursuivre son existence, les marins dans la tempête, les Ninivites à l’annonce de la destruction prochaine de leur ville, Jonas dans ses face-à-face avec son Dieu.
Le scénario du jeu n’est pas écrit d’avance ; il reste de la place pour l’imprévu. Dieu n’est pas le maître absolu du jeu. Lui aussi essaye, corrige, recommence. Jonas aimerait pouvoir prévoir les actions de Dieu. Il fait l’expérience d’un Dieu imprévisible, par bonté.
L’histoire raconte un Dieu qui agit pour le bonheur des humains qui veulent entrer dans la partie. Ou pour le dire autrement : Dieu te ménage un espace de liberté et de responsabilité. Tu peux prendre le risque de lui faire confiance. Il s’est manifesté souvent, dans sa bonté.
Jonas aussi aura grandi dans ce périple. Il a dû abandonner ses certitudes pour les retrouver en les mettant en jeu, en les vivant.
La fin est ouverte ; c’est au tour de Jonas de jouer. Préférera-t-il prendre soin de son amour-propre blessé ? de son sentiment de justice non-respecté ?
Va-t-il, suivant l’exemple des « autres », accepter cet amour, cette solide bonté de Dieu ? Cette main que Dieu lui tend, à lui comme aux étrangers ?
L’histoire ne le dit pas. Peut-être parce que l’histoire que Dieu tisse avec nous, en fonction de nos réponses, est, elle aussi, encore à inventer.
Pour en savoir plus :
Olivier Bauer, Le jeu de Dieu et de Jonas, Aubonne : Editions du Moulin, 1996
Francine Carillo, Jonas. Comme un feu dévorant, Genève : Labor et Fides, 2017
La prière du dimanche 4 octobre 2026
Seigneur,
Merci pour tous les bienfaits présents dans ma vie. Merci pour le toit que j’ai sur la tête. Merci pour la nourriture présente chaque jour dans mon assiette. Merci pour mes vêtements et pour les moyens de locomotion dont je dispose. Merci pour mon corps et mes organes qui font leur travail du mieux qu’ils le peuvent, œuvrant sans même que j’aie à y penser.
Mais merci aussi pour mes épreuves car elles me permettent de continuer à apprendre qui je suis véritablement. A travers ceux qui m’ont blessé ou rejeté, j’ai pu voir apparaître les blessures que je portais encore en mon cœur et que je pouvais maintenant réparer avec ton aide.
Merci pour la fatigue ou la maladie qui m’ont invité à prendre conscience de ma vulnérabilité et du fait que j’avais moi aussi le droit de me reposer. Merci pour la peur qui m’a invitée à chercher un chemin pour trouver en toi la paix.
Merci Seigneur pour chaque morceau de mon expérience de vie, et merci d’avoir toujours placé à côté de moi qui il fallait dans le visible comme dans l’invisible pour que je sois capable de surmonter mes difficultés et aussi les absences de sens.
Prends mes simples mots, Seigneur : MERCI, MERCI, MERCI
Le verset du dimanche 4 octobre 2026
Soyez donc patients, frères jusqu’à l’avènement du Seigneur. Voici, le laboureur attend le précieux fruit de la terre, prenant patience à son égard, jusqu’à ce qu’il ait reçu les pluies de la première et de l’arrière-saison. Vous aussi, soyez patients, affermissez vos cœurs, car l’avènement du Seigneur est proche.
Prédication du dimanche 4 octobre 2026
Au fur-et-à-mesure qu’on avance en âge, les points de vue évoluent sur la vie ou sur les personnes. Ce matin l’Evangile nous fait lui aussi assister à un changement de perception au cœur de la relation entre Jean-Baptiste et Jésus.
Jean-Baptiste avait reconnu celui qu’il annonçait : l’envoyé de Dieu dont « il n’était pas digne de dénouer les courroies des sandales ». Mais aujourd’hui, les repères ont changé, le Baptiste se retrouve en prison en attendant d’être décapité.
Désormais, tout est bouché. Il avait consacré sa vie à préparer le chemin du Christ, et voici, qu’à cette heure, Jean ne sait plus. Toutefois son incertitude le pousse à trouver un chemin pour que la parole de Jésus le rejoigne jusque dans sa prison.
L’Esprit-Saint qui se tient à ses côtés le pousse à tendre l’oreille et oriente son désir. Depuis sa prison il trouve le moyen de contacter ses disciples, de les envoyer pour interroger : « Es-tu celui qui doit venir ? ». Et Jésus par sa réponse, redonne toute assurance à Jean.
Ce que Jean a vécu en allant chercher une parole auprès de Jésus-Christ, c’est un déplacement de perception. Peut-être avait-il réduit sa perception du Christ à l’une ou l’autre dimension de puissance ?
Ce matin aucune de nous n‘est physiquement en prison, certes. Mais nous pouvons connaître nos propres enfermements à cause de nos perceptions partielles et partiales. Oui, chacun.e doit lutter contre ses limites de compréhensions.
Alors ce que je trouve édifiant dans la parole d’Evangile qui vient à nous, c’est cette action de la Parole dans la recherche de patience de Jean-Baptiste. La patience peut mûrir en lui grâce au changement de regard qu’il pose sur le Christ.
Non Jean n’est pas demeuré seul dans sa prison. La Parole a trouvé un chemin jusqu’à lui. Ne trouve-t-on pas là un formidable encouragement
à faire advenir la Parole au milieu de nos existences ?
Cet Esprit, celui que Jésus nous a envoyé, ne vient-il pas nous redire tout à nouveau : dans les temps les plus difficiles de ta vie, cherche auprès du Christ une nouvelle parole pour traduire ce que tu vis ?
La prière du dimanche 27 septembre 2026
Nous sortons et entrons chaque jour par différentes portes. Ouvrant et entrant dans des espaces familières où nous sommes bien, et pénétrant dans des lieux peut-être difficile. Nous pouvons compter sur ton accompagnement, Dieu de la porte, que dans toutes les situations joyeuses et pénibles, tu désires être proche de chacune et chacun quand nous franchissons des seuils. Tu cherches à ouvrir notre cœur à ta présence et tu nous encourages à fermer des portes qui sont nocives pour notre joie de vivre. Merci d’être une porte qui ouvre vers la confiance. Amen.
La citation du dimanche 27 septembre 2026
L’accès à Dieu n’est pas assujetti au respect scrupuleux de certaines exigences religieuses ou morales. Jésus, en tant que porte de l’enclos par où les brebis sortent pur aller brouter l’herbe du pâturage, puis rentrent se mettre à l’abri (Jean 10,9), est à la fois notre liberté et notre sécurité. La liberté qui nous protège de la loi de la jungle, et la sécurité qui nous préserve de l’enferment oppressant. A l’extérieur, nous ne sommes pas livrés à la merci absurde des circonstances, sans aucun recours. A l’intérieur, nous ne sommes pas empêchés d’être nous-mêmes, comme si la paix devait passer par la soumission et l’uniformisation.
Anne Maillard, Dieu à la croisée de nos questions, Editions du Moulin, 2002