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L’adoration de mages d’Orient
Nous partons du récit des mages d’Orient dans l’Évangile de Matthieu, venus rendre hommage au « roi des Juifs ». Nous voulons distinguer l’hommage, geste social de reconnaissance ou de respect, de l’attitude beaucoup plus profonde que vivent les mages lorsqu’ils rencontrent Jésus: ils se prosternent et l’adorent. Leur geste dépasse l’hommage attendu pour devenir une véritable adoration, spontanée et gratuite.
Alors que beaucoup de personnes qui rencontrent Jésus dans les Évangiles expriment leur foi par des paroles (Messie, Fils de Dieu, roi d’Israël), les mages répondent par le silence d’adoration, par la prosternation du corps. Cette attitude marque une conversion intérieure : ils passent du projet de rendre hommage à une expérience d’adoration.
La prosternation peut avoir deux sens qui s’expriment dans les récits des Evangiles : soit une démarche intéressée pour demander une faveur à Jésus, ce geste est plus courant, soit un geste gratuit d’amour et de reconnaissance, comme celui des mages ou encore les femmes au tombeau vide, «Elles s’approchèrent et lui saisirent les pieds en se prosternant devant lui» et des disciples après la résurrection quand Jésus les rencontre en Galilée : «En voyant Jésus, ils l’adorent ». Cette adoration, présente au début et à la fin de l’Évangile de Matthieu, honore le Christ pour ce qu’il est, sans attente de contrepartie.
Cela interroge notre pratique chrétienne actuelle, notamment protestante, souvent plus centrée sur la parole que sur l’adoration silencieuse ou corporelle. Mais osons adorer Jésus, même sans support matériel, par le silence d’abord, ensuite peut-être accompagné par le chant ou la prière de louange. Nous n’avons pas forcément l’habitude de nous adresser directement à Jésus. Nous prions certes « au nom de Jésus-Christ »,mais c’est encore une autre démarche d’adorer Jésus directement.
Enfin, l’adoration est comme une relation de présence plus que de paroles, comparable à une recharge spirituelle, à l’image d’une borne de recharge pour une voiture électrique : un temps calme où l’énergie circule et renouvelle la foi. Ces prochains jours, essayons. Prenons du temps pour adorer Jésus, à la suite des mages d’Orient, dans une attitude intérieure de silence, de louange ensuite. De présence à présence.
Conviction partagée, dimanche 28 décembre 2025
Officiante : Au milieu de ceux qui se savent pauvres,
comme au milieu des orgueilleux,
Hommes : parmi les persécutés,
Femmes : comme parmi les privilégiés,
Tous : Christ est venu faire toutes choses nouvelles
Officiante : Dans nos maisons,
comme sur les places publiques,
Hommes : dans les banquets de nos fêtes,
Femmes : comme dans les cours de justice
Tous : Christ est venu faire toutes choses nouvelles
Officiante : Dans une caresse pleine de tact,
comme dans une claire parole de colère,
Hommes : dans une conscience alignée,
Femmes : dans un amour brûlant,
Tous : Christ est venu faire toutes choses nouvelles
Officiante : Afin que son règne s’étende,
pour que le monde croie,
Hommes : afin que les arrogants chancellent,
Femmes : et que les potentiels de chacune et chacun soient mis
en lumière
Tous : Christ est venu faire toutes choses nouvelles
Officiante : En nous et sans nous
avant nous et après nous,
Hommes : Ici et partout,
Femmes : Aujourd’hui et toujours
Tous : Christ est venu faire toutes choses nouvelles
Petit livre de célébration, liturgie matinale B, OPEC, Olivétan : 2017.
Les citations du dimanche 28 décembre 2025
« Béni es-tu, Syméon, toi que l’Esprit a maintenu en haleine et en appétit toute une vie. Avec l’Esprit, tu fus le courageux gardien de l’espace vide que creuse en nous l’espérance ».
« Béni es-tu Syméon, toi dont l’Esprit était le fidèle compagnon, c’est lui qui te poussa au temple où tu reçus dans tes bras le début de l’accomplissement »
Cf. Marion Muller-Colard, Eclats d’Evangile, Bayard/ Labor et Fides, p.239
Prédication du dimanche 28 décembre 2025
La construction littéraire des premiers chapitres de l’évangile de Luc imbrique les annonces de naissances et les naissances de Jean-Baptiste et Jésus. Au magnificat de Marie fait écho le cantique de Zacharie.
Cette imbrication de l’Ancien et du Nouveau trouve un point d’orgue dans le récit de la présentation au Temple. Anne et Syméon voient dans le nouveau-né l’accomplissement de leur espérance, la réalisation de la promesse d’Esaïe. Ils en témoignent et transmettent leur espérance.
Rembrandt peint « la présentation au Temple » alors qu’il se sait en fin de vie. Ce tableau comme un testament pictural et spirituel met en scène son rapport à la Bible et à la foi. La couverture claire de l’enfant est comme la page blanche d’une vieille Bible d’où peut sortir le Christ vivant pour nous aujourd’hui
Nous lisons la Bible, nous écoutons des témoins anciens et ceux d’aujourd’hui. Cela nous aide à nous attendre à Dieu dans nos vies. Cela nous aide à chercher Dieu dans nos vies. C’est notre manière de vivre l’espérance.
Prédication du dimanche 14 décembre 2025
Merci à vous les enfants qui nous avez entrainés dans l’histoire de Noël et qui nous l’avez fait vivre ;
merci à toi Ana, qui nous en a rappelé les mots d’origine, ces mots qui se transmettent de génération en génération depuis si longtemps.
S’il fallait résumer cette histoire, on pourrait dire : Une étoile, des rois sages et un roi fou.
Oui, nous avons inauguré : c’est une reine mage qui a joué aujourd’hui les rois de l’histoire 😉 Ce sont ces rois mages que j’appelle les rois sages.
Riches de toutes les connaissances qui les précèdent, je les imagine, scrutant les parchemins, observant le ciel, débattant, échangeant sur ce qu’ils ont compris. Ils mettent tout leur pouvoir et leur savoir en commun pour ensemble trouver une réponse. Ils apportent chacun son expérience, sa culture, sa perspective, ils construisent ensemble un nouveau savoir. Ils sont sages, parce qu’ils savent et vivent qu’à plusieurs, ils sont plus forts.
Ils sont sages encore, parce qu’ils se laissent déplacer. Ils sont prêts à découvrir : Ils se mettent en route, ils quittent les vérités établies, leur confort et se laissent entraîner dans l’inconnu. Ils suivent une hypothèse, ils font confiance à cette énorme espérance d’un roi au-dessus de tous les rois qui inaugure un royaume de paix. Leur pouvoir et leur savoir, ils le mettent au service les uns des autres.
Et au service d’un roi, plus grand encore, dont le règne apporte la paix.
Des rois sages, un roi fou : en face d’eux, c’est Hérode : son identité, sa sécurité, c’est son pouvoir : tout est centré sur lui. Il a peur qu’un autre, même enfant, ne fasse vaciller son rôle, son identité. Il ne pense pas à l’avenir. Il veut préserver son sentiment de pouvoir. Il est roi !… d’une petite entité administrative de l’empire romain. Lui ne bouge pas. Pour lui, le savoir n’est pas une mise en route, mais un moyen pour parvenir à ses fins.
Des rois sages, un roi fou. Et l’étoile ? Elle couve nos petites existences d’un regard millénaire amusé. Elle interroge notre rapport au pouvoir, au savoir, au service.
L’étoile ? Elle file, elle entraîne, elle conduit vers le roi de l’Univers, le roi des rois, … dans une étable. Lui, l’enfant Dieu a laissé l’orgueil se dissiper ; il a lâché tout pouvoir pour rendre la rencontre possible. Il interroge ce en quoi nous mettons notre sécurité. Il met à mal notre orgueil et ouvre un espace pour vivre autrement, ensemble. Le roi des rois a fait le premier pas, à ta rencontre aussi, il t’ouvre ses bras.
Musique ?
Et l’étoile filante ? Elle avait rempli son rôle, guidé les mages. Elle avait éclairé le chemin. Vous êtes-vous déjà posé la question de ce qu’elle est devenue après ? C’était exactement le problème du concierge du ciel. Ah vous ne saviez pas qu’il a un concierge dans le ciel ? Eh bien dans ce conte que je vais vous raconter, oui. Et il était bien embarrassé : le lendemain de Noël, voilà qu’on lui avait dit, en haut-lieu (car même au ciel, il y a encore un plus haut-lieu…) de ranger cette nouvelle étoile.
Mais où la mettre ? D’abord il avait pensé à la mettre à la remise, en attendant de savoir ou parce que ça peut toujours servir, mais elle brillait tellement que des raies de lumière passaient autour de la porte, entre les planches et qu’intrigués tous les anges ouvraient la porte du réduit pour voir ce qui brillait si fort.
« Cette étoile, cette grande étoile, que vais-je en faire ? », réfléchissait le concierge, « ah je sais, je vais trouver pour elle une place parmi les constellations. Vous savez, ces combinaisons d’étoiles dessinées dans le ciel. La grande Ourse, la petite Ourse, la Cassiopée…il s’approcha de la première, celle qui était la plus proche, et demanda poliment aux étoiles présentes si elles voulaient bien dorénavant accueillir la sienne.
« Mais vous n’y pensez pas » ont répondu les étoiles « cela fait des siècles que les marins se guident à notre forme, on risquerait des naufrages ». Même réponse dans toutes les constellations et même la voie lactée ne se voyait pas intégrer cette étoile si brillante.
« Que faire, que faire », se demandait le concierge. « Cette étoile a un destin particulier, elle a guidé les mages jusqu’au roi des rois. Elle a obéi à des lois particulières. Elle est très proche de la Terre… Elle est très proche de la Terre : mais oui, la voilà la solution ! Je vais la donner au monde. »
Alors, il alla dans son atelier, et là, il cassa l’étoile en mille morceaux, en des milliers d’éclats dont il remplit son tablier. Il sortit et, comme le semeur, à la volée, lança les éclats d’étoile qui, portés par le vent, se répandirent sur toute la surface de la terre.
Et ces éclats n’allèrent pas n’importe où : certains se logèrent dans les veilleuses dont les enfants ont besoin pour ne pas être angoissés la nuit. D’autres descendirent au fond des mines, là où les mineurs de fond ont besoin d’être guidés par une lampe frontale. D’autres encore se placèrent comme fanaux sur les barques, dans les phares sur la mer, pour éviter aux embarcations de s’échouer sur les rochers. Mais le plus grand nombre, on les voit aujourd’hui encore, dans ces regards qui vous réchauffent le cœur : le regard de la maman qui se penche sur son enfant, le regard du patron qui serre la main et fait confiance, les yeux brillants du copain qui vient d’être intégré dans le jeu, le regard du juge qui condamne pour permettre un nouveau départ, celui du délinquant qui comprend ; le regard de la maitresse qui partage sa passion, celui de l’affamé qui reçoit sa soupe, tous ces regards que vous saurez voir …. et transmettre.
C’est ainsi que l’étoile continue aujourd’hui encore de renvoyer à la venue de Dieu sur terre.
Amen
Le chœur mélo dieu – le Noël des bergers – doux
La prière du jeudi 25 décembre 2025, Noël
En cette belle saison de l’amour et de la lumière, nous venons devant Toi pour reconnaître les ténèbres qui entourent souvent le monde. Tout comme le ciel nocturne a été illuminé par l’étoile menant à Ton Fils, nous prions pour que Ta lumière brille dans les coins sombres de notre pays, de nos villes et villages, de ce monde tourmenté par l’arrogance de la puissance. Illumine les chemins avec espérance, guide les puissants en les inspirant en ce temps de Noël d’une autre humanité possible. D’une sagesse issue du vrai Dieu et vrai homme. Réchauffe les cœurs endurcis avec ton amour éternel.