Inspirations

TAGS

Prédication du dimanche de Pâques, 5 avril 2026

Tout en racontant une histoire, le récit de Jean 20 présente ce que peut être, pour les disciples, la foi après Pâques. Une manière de « voir » le monde qui ne s’arrête pas à ce qui « s’observe » .

Dans ce récit en effet, Jean oppose le premier voir de Marie-Madeleine et celui de Pierre au voir du disciple bien-aimé et de celui de Marie-Madeleine au v. 18 « J’ai vu le Seigneur ». Pour ces deux « voir », Jean utilise deux verbes grecs distincts.

La foi est une manière de voir et comprendre le monde en intégrant la possibilité de la présence de Dieu ; croire que sa présence traverse notre univers.

Chrétienne, je me mets dans mon quotidien à la recherche des signes de sa présence, de ses interventions. C’est une attitude d’ouverture à ce qui me dépasse, une posture de recherche (Jn 20,15) aussi. Comme quand à Pâques, on cherche les œufs et les lapins pour s’en réjouir.

Mais la foi est encore plus qu’une compréhension du monde qui intègre la possibilité d’un au-delà dont je cherche les signes ; elle est d’abord répondre à Jésus, le ressuscité, qui vient à ma rencontre et me connaît pas mon nom (Jn 20,16).

Ce retournement (Jn 20,16) marque le passage de la mort à la vie.

Dans l’Eglise le baptême en est le symbole. On y trouve aussi l’importance du nom.

La prière du vendredi 3 avril 2026

J’ai tout remis entre tes mains. Ce qui m’accable et qui me peine,

Ce qui m’angoisse et qui me gêne, et le souci du lendemain.

J’ai tout remis entre tes mains.

J’ai tout remis entre tes mains, que ce soit la mort ou la vie,

la santé ou la maladie, le commencement ou la fin.

J’ai tout remis entre Tes mains.

Texte Marie Henrioud, mis en musique par Claude Fraysse.

La citation du vendredi 3 avril 2026

«La crucifixion, le partage des vêtements de Jésus, ses adieux à sa mère, la soif ardente, la mort, le coup de lance et la sépulture sont comme une vision du monde dans lequel nous vivons. Il semble que le drame de Golgotha se répète aujourd’hui, non pas individuellement, mais collectivement. Nous voyons des villes et des contrées entières plongées dans des souffrances indescriptibles. Des pays sont partagés comme le furent les vêtements de Jésus. D’innombrables fils recommandent en mourant leur mère à un ami. Dieu seul sait combien d’êtres humains meurent de faim et de soif. Le sol est jonché des cadavres méconnaissables des créatures de Dieu. Ce que nous avons vécu ces dernières années est si effroyable que nous ne sommes plus même bouleversés par la scène du Vendredi-saint. »

Walter Lüthi, La parole faite chair. Méditations sur l’Evangile de Jean, Delachaux & Niestlé, 1947

Le verset du vendredi 3 avril 2026

Le lendemain, il (Jean-Baptiste) vit Jésus venant à lui, et il dit: Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. (Jean 1:29)

Prédication du vendredi 3 avril 2026, Vendredi-saint

Le récit de la Passion dans l’Évangile selon Jean se distingue des autres Évangiles. Ici, Jésus n’apparaît pas comme une victime passive : il ne crie pas son abandon, ne subit pas la souffrance, mais assume volontairement sa mort avec dignité et maîtrise. Il porte lui-même sa croix et agit en pleine conscience, comme accomplissant la volonté de Dieu.

Jean insiste sur certains détails symboliques, comme la tunique de Jésus non déchirée, qui peut représenter l’unité des croyants, malgré les divisions autour de sa personne. Cette idée est renforcée par les paroles de Jésus appelant à l’amour mutuel et à l’unité.

L’Évangile souligne aussi que tout se déroule selon un plan divin : Jésus dit « tout est accompli », montrant que sa mission est menée à son terme dans l’obéissance et l’amour. Cette vision devait rassurer les premières communautés chrétiennes, confrontées à la persécution et à l’insécurité, en affirmant que Dieu reste maître de la situation.

Enfin, la croix n’est pas présentée comme un échec, mais comme une révélation de la gloire de Dieu. Jésus promet la continuité de sa présence à travers l’Esprit, le Consolateur. Pour nous aujourd’hui, cela peut aussi nous aider à trouver le Christ dans l’expérience de cet esprit « qui se tient avec nous». Et aussi dans cette certitude que rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu si nous, à notre tour, nous nous aimons les uns les autres. Au pied de la croix ce matin, c’est une immense confiance que l’Evangile de Jean nous offre devant cette déferlante de folies meurtrières dans notre monde et aux difficultés existentielles de beaucoup de nos contemporains. Je trouve que cela est bon à prendre.

Lectures bibliques : Evangile selon Jean chapitres 18 et 19